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Château à Saint-Hippolyte dans les Pyrénées-Orientales

Château

  • 17 Avenue Jeanne d'Arc
  • 66510 Saint-Hippolyte
Château
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Château
Château
Crédit photo : Meria Geoian - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
10bis Boulevard de la Marine 66510 Saint-Hippolyte

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1313
Première mention écrite
1595
Prise du château
1618
Transmission par héritage
1786
Vente à Pierre Viala
1837
Rachat par Decazes
1999
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du corps de logis et de la tour Nord-Est ; grande salle voûtée sur croisée d'ogives au rez-de-chaussée du corps de logis ; vestiges du mur d'enceinte sur le front Nord ; façade et toitures de la tour Nord-Ouest (cad. B 1691, 497) : inscription par arrêté du 24 février 1988

Personnages clés

Mabelia de Najac - Seigneuresse médiévale Première mention écrite du château (1313).
Anne de Lévis, duc de Ventadour - Chef militaire protestant Prit le château en 1595.
Géraud Lebrun - Leveur de tailles enrichi Permit l’ascension sociale de sa famille.
Joseph Decazes - Vicomte et préfet d’Albi Transforma le château au XIXe siècle.
Émile Falgueyrettes - Négociant et homme politique Propriétaire en 1897, opposant à Jaurès.

Origine et histoire

Le château de Saint-Hippolyte, implanté sur un site fréquenté depuis l’Antiquité (une voie romaine le traversait), est attesté par écrit dès 1313 via le testament de Mabelia de Najac, veuve de Pons de Monestiés. Ce document marque la première mention du château, alors possession des seigneurs locaux. Entre le XIVe et le XVIe siècle, la seigneurie passe entre les mains des familles Paulin de Monestiés et Mirabel, co-seigneurs de Monestiés. Le château subit des dégâts durant la guerre de Cent Ans, puis est assiégé et pris en 1595 par Anne de Lévis, duc de Ventadour, lors des guerres de religion. Ces conflits marquent son histoire défensive, comme en témoignent les meurtrières et canonnières encore visibles.

Au XVIIe siècle, la seigneurie échoit par héritage féminin à Antoinette de Caraman, dont le gendre, Géraud Lebrun (leveur de tailles enrichi), permet à la famille d’accéder aux charges parlementaires toulousaines. Ses descendants, alliés aux élites locales, transforment le château au XVIIe siècle pour le rendre moins austère. Au XVIIIe siècle, les Castelpers, derniers seigneurs avant la Révolution, en font une résidence occasionnelle. Vendu en 1786 à Pierre Viala, le château est pillé en 1792, puis morcelé : une partie est acquise en 1803 par l’aubergiste Jean Cuq. Les travaux des XVIIe et XIXe siècles (notamment sous le vicomte Decazes, préfet d’Albi) adoucissent son apparence médiévale.

Le vicomte Joseph Decazes, propriétaire à partir de 1837, entreprend d’importantes modifications, dont la suppression du cimetière attenant à la chapelle (transféré devant le château). Après un échec de conversion en élevage de chevaux, le domaine est vendu en 1897 à Émile Falgueyrettes, négociant et opposant politique de Jean Jaurès. Depuis, le château appartient à une SCI familiale descendante des Falgueyrettes. Son architecture, quadrilatère flanqué de tours et centré sur une cour, conserve des traces de fenêtres médiévales et des éléments défensifs, tandis que la chapelle (inscrite en 1927) rappelle son rôle religieux et seigneurial.

Les sources archéologiques et textuelles révèlent une reconstruction majeure après les destructions du XVIe siècle (guerre contre l’Espagne en 1542, incendie du village en 1643), sur des bases médiévales. L’édifice, initialement carré avec un étage sur rez-de-chaussée surélevé, combine galets de rivière, briques et marbre pour les chaînes d’angle. La porte d’entrée du XVIIIe siècle, la voûte ogivale de la salle basale et la cheminée en plâtre du XVIIe siècle illustrent ces phases de transformation. Malgré son inscription aux Monuments Historiques (1988 pour les façades, 1999 pour l’ensemble), le château reste une propriété privée, témoin des mutations sociales et politiques de l’Occitanie.

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