Origine et histoire
Le château de Saint‑Hippolyte, à Monestiés (Tarn), est inscrit aux monuments historiques depuis le 18 mars 1999. Le site est occupé depuis longtemps et une ancienne voie romaine traverse le domaine ; le château est mentionné dès le XIIe siècle et la première trace écrite conservée est le testament de 1313 de Mabelia de Najac. Des traces de reconstruction montrent des dégâts subis pendant la guerre de Cent Ans. Lors des conflits ultérieurs, le village et ses murailles furent partiellement détruits en 1542 pendant la guerre contre l'Espagne, le village fut brûlé en 1643 et, pendant les guerres de religion, le château fut assiégé et pris le 23 juillet 1595 par Anne de Lévis, duc de Ventadour ; l'édifice actuel semble correspondre à une reconstruction sur des structures médiévales après ces événements. La seigneurie passa ensuite entre plusieurs familles : les Paulin de Monestiés et les Mirabel, puis par héritage féminin aux Lebrun, dont l'ascension sociale au XVIIe siècle entraîna d'importants travaux, et plus tard aux Castelpers, qui vendirent le château en 1786 à Pierre Viala. En 1792 le château fut pillé et, en 1803, une partie du domaine fut achetée par l'aubergiste Jean Cuq. Sous la Restauration, Viala et Cuq vendirent l'ensemble en 1837 au vicomte Joseph Decazes, qui procéda aux dernières grandes transformations ; la propriété passa ensuite aux descendants Decazes, fut vendue en 1897 à Émile Falgueyrettes, puis appartient aujourd'hui à une SCI familiale regroupant des descendants Raynaud d'Émile Falgueyrettes.
Le bâtiment a un plan quadrangulaire avec des tours aux angles et une cour intérieure. À l'origine, il présentait un plan carré avec un étage sur rez‑de‑chaussée surélevé et un étage de comble ; une partie correspondant à l'angle sud‑est a été en grande partie détruite, tandis qu'une tour cylindrique s'élève à l'angle nord‑est. Les élévations sont élevées en assises alternées de galets de rivière et de briques ; les chaînes d'angle et quelques anciennes meurtrières sont réalisées en blocs de marbre taillés. La façade principale, à l'ouest, ouvre sur la cour intérieure ; la porte d'entrée, placée dans l'axe, est précédée de six degrés concentriques et date du XVIIIe siècle, avec gorge et arc segmentaire orné d'une agrafe. Au premier étage, le balcon de la fenêtre d'axe en fer forgé torsadé remonte au plus tard au XVIIe siècle. À l'intérieur, la salle d'entrée est couverte d'une voûte sur croisée d'ogives et, au premier étage, se trouve une cheminée en plâtre de la fin du XVIIe siècle.
La façade orientale est un mur simple appuyé par une galerie ; les trois autres côtés comprennent le logis au sud, des dépendances à l'ouest et la chapelle au nord. Si la régularité des façades et des fenêtres suggère une origine unique, des vestiges de fenêtres géminées ou à meneau montrent que des restaurations ont modifié l'aspect primitif. Quelques meurtrières et canonnières rappellent le passé défensif de l'ensemble. La chapelle, devenue église paroissiale Saint‑Hippolyte, fait l'objet d'une inscription aux monuments historiques depuis le 13 juillet 1927. La cour intérieure avait servi de cimetière attenant à l'église ; lors des grands travaux du vicomte Decazes ce cimetière fut transféré dans la prairie à l'est du château, lieu aujourd'hui abandonné mais encore visible.