Origine et histoire du Château-Rocher
Le Château-Rocher, aussi nommé château fort de Blot-le-Rocher, est un édifice médiéval en ruines situé à Saint-Rémy-de-Blot, dans le Puy-de-Dôme. Construit à 438 mètres d’altitude sur une falaise surplombant la Sioule, il avait pour mission de contrôler la vallée et le pont de Menat, un passage stratégique. Une motte castrale, édifiée dès le IXe siècle, précéda la première forteresse érigée à la fin du XIe siècle. Son développement s’étala entre les XIIIe et XVe siècles, après la conquête de l’Auvergne par Philippe Auguste.
La terre de Blot fut donnée en apanage par Archambaud IV à son fils Pierre de Bourbon, dit Pierre de Blot, en 1169. La lignée des Blot, fondée par ce dernier, s’unit aux Chauvigny au XIVe siècle via le mariage de Catherine de Blot avec Guillemin de Chauvigny. En 1365, pendant la guerre de Cent Ans, le routier Bertucat d'Albret, allié des Anglais, s’empara du château et le pilla. La veuve de Jean de Chauvigny de Blot, Marguerite de Saligny, sollicita l’aide du duc de Berry pour le reprendre.
Au XVe siècle, des travaux d’amélioration furent encore menés, mais le château perdit son rôle stratégique dès le XVIe siècle, lorsque Pierre de Chauvigny de Blot construisit une résidence plus accessible à Blot-l’Église. Abandonné progressivement, il fut classé monument historique en 1913 grâce à Marie Adélaïde Delpoux de Nafines, dernière propriétaire. Depuis 1964, l’Association Château-Rocher œuvre à sa consolidation et propose des visites guidées en été.
L’accès au château s’effectuait par un système défensif complexe : une première porte en basse-cour, un pont mobile franchissant un fossé, puis une barbacane menant à l’entrée principale. Trois tours complétaient ce dispositif. Aujourd’hui, les ruines révèlent des vestiges comme des tuyaux en terre cuite, probablement liés à une citerne. Le site, gratuit et ouvert toute l’année, offre des visites aux flambeaux en juillet et août.
Les fouilles et études archéologiques, comme celles menées par Mathias Dupuis en 2009, ont permis de mieux comprendre l’évolution architecturale du château entre le XIIIe et le XXe siècle. Les sources historiques, incluant les travaux d’Yves Devaux (1980) et les archives de l’association locale, documentent son importance régionale. Le château illustre les enjeux militaires et seigneuriaux de l’Auvergne médiévale, entre conflits féodaux et guerre de Cent Ans.