Origine et histoire
Le château Rothschild fut construit entre 1855 et 1861 à Boulogne-Billancourt pour le banquier James de Rothschild, dans un style néo-Louis XIV inspiré du château de Clagny. L’architecte Joseph-Armand Berthelin dirige les travaux, tandis qu’Eugène Lami conçoit la décoration intérieure et Joseph Paxton (puis Loyre) aménage les jardins, mêlant styles français et anglais sur 30 hectares. Le domaine, agrandi par l’acquisition du château de Buchillot, devient un lieu de réception prestigieux pour la haute société.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château est pillé par les Allemands, qui y installent l’état-major de la Kriegsmarine, puis endommagé par les Américains en 1944, qui l’utilisent comme centre de transit. Les œuvres d’art, les jardins (dont un rare jardin japonais créé par un horticulteur tokyoïte) et les décors intérieurs disparaissent. À son retour, la famille Rothschild, déchue de sa nationalité française sous Vichy, abandonne le domaine.
Après-guerre, le parc est en partie exproprié pour construire l’hôpital Ambroise-Paré (1969), tandis que le château, vendu en 1986 à un cheik saoudien, tombe en ruine malgré son classement aux Monuments Historiques en 1997. Deux incendies (1994, 2003) aggravent sa dégradation. En 2016, le groupe Novaxia rachète le site et lance un projet de restauration, avec une ouverture exceptionnelle lors des Journées du Patrimoine 2017. Les travaux, initialement prévus pour 2020, sont reportés à 2026.
Le parc, réduit à 15 hectares, est aujourd’hui un espace public préservant des éléments historiques comme la pièce d’eau, des arbres remarquables (dont un tilleul bicentenaire) et des vestiges des jardins à la française et japonais. Le château de Buchillot, ancien pavillon du domaine, abrite depuis 2010 le musée Paul Belmondo. Le château principal, malgré son état critique, reste un symbole du patrimoine franco-israélite et de l’âge d’or des Rothschild.
Architecturalement, le château se distingue par ses façades en pierre claire de 120 mètres, ses balcons inspirés de Versailles (marbre rouge du Languedoc), et son toit mansardé percé d’oculi. À l’intérieur, la grande galerie desservait salons, bibliothèque et salles à manger, tandis que les étages abritaient les appartements familiaux. Les pavillons latéraux, en brique et pierre, complétaient l’ensemble, aujourd’hui partiellement détruit.