Frise chronologique
1855-1861
Construction du château
Construction du château
1855-1861 (≈ 1858)
Bâti pour James de Rothschild par Berthelin.
1900-1925
Création du jardin japonais
Création du jardin japonais
1900-1925 (≈ 1913)
Par un horticulteur tokyoïte pour Edmond de Rothschild.
1940-1944
Occupation et pillage
Occupation et pillage
1940-1944 (≈ 1942)
Kriegsmarine allemande puis armée américaine.
1997
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1997 (≈ 1997)
Protection officielle du château.
2016
Rachat par Novaxia
Rachat par Novaxia
2016 (≈ 2016)
Début du projet de restauration.
2017
Ouverture exceptionnelle
Ouverture exceptionnelle
2017 (≈ 2017)
Lors des Journées du Patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (cad. A 30) : inscription par arrêté du 24 avril 1997
Personnages clés
| James de Rothschild - Commanditaire et propriétaire |
Banquier, fit construire le château (1855-1861). |
| Joseph-Armand Berthelin - Architecte |
Conçut le château en style néo-Louis XIV. |
| Eugène Lami - Décorateur intérieur |
Responsable des décors intérieurs inspirés de Versailles. |
| Edmond de Rothschild - Propriétaire et mécène |
Créa le jardin japonais (1900-1925). |
| Hatta - Horticulteur japonais |
Conçut le jardin japonais après l’Exposition universelle de 1900. |
| Miriam-Alexandrine de Rothschild - Dernière propriétaire familiale |
Céda une partie du parc à la ville en 1979. |
Origine et histoire
Le château Rothschild fut construit entre 1855 et 1861 à Boulogne-Billancourt pour le banquier James de Rothschild, dans un style néo-Louis XIV inspiré du château de Clagny. L’architecte Joseph-Armand Berthelin dirige les travaux, tandis qu’Eugène Lami conçoit la décoration intérieure et Joseph Paxton (puis Loyre) aménage les jardins, mêlant styles français et anglais sur 30 hectares. Le domaine, agrandi par l’acquisition du château de Buchillot, devient un lieu de réception prestigieux pour la haute société.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château est pillé par les Allemands, qui y installent l’état-major de la Kriegsmarine, puis endommagé par les Américains en 1944, qui l’utilisent comme centre de transit. Les œuvres d’art, les jardins (dont un rare jardin japonais créé par un horticulteur tokyoïte) et les décors intérieurs disparaissent. À son retour, la famille Rothschild, déchue de sa nationalité française sous Vichy, abandonne le domaine.
Après-guerre, le parc est en partie exproprié pour construire l’hôpital Ambroise-Paré (1969), tandis que le château, vendu en 1986 à un cheik saoudien, tombe en ruine malgré son classement aux Monuments Historiques en 1997. Deux incendies (1994, 2003) aggravent sa dégradation. En 2016, le groupe Novaxia rachète le site et lance un projet de restauration, avec une ouverture exceptionnelle lors des Journées du Patrimoine 2017. Les travaux, initialement prévus pour 2020, sont reportés à 2026.
Le parc, réduit à 15 hectares, est aujourd’hui un espace public préservant des éléments historiques comme la pièce d’eau, des arbres remarquables (dont un tilleul bicentenaire) et des vestiges des jardins à la française et japonais. Le château de Buchillot, ancien pavillon du domaine, abrite depuis 2010 le musée Paul Belmondo. Le château principal, malgré son état critique, reste un symbole du patrimoine franco-israélite et de l’âge d’or des Rothschild.
Architecturalement, le château se distingue par ses façades en pierre claire de 120 mètres, ses balcons inspirés de Versailles (marbre rouge du Languedoc), et son toit mansardé percé d’oculi. À l’intérieur, la grande galerie desservait salons, bibliothèque et salles à manger, tandis que les étages abritaient les appartements familiaux. Les pavillons latéraux, en brique et pierre, complétaient l’ensemble, aujourd’hui partiellement détruit.