Château Rothschild à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine

Château Rothschild

  • 92100 Boulogne-Billancourt
Château Rothschild
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Château Rothschild
Château Rothschild
Château Rothschild
Château Rothschild
Crédit photo : Robert Schediwy - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1855-1861
Construction du château
1939
Départ famille Rothschild
1944
Pillage du château
1979
Donation à la ville
1997
Classement historique
Début du XXe siècle
Création jardin japonais
2016
Projet de réhabilitation
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château (cad. A 30) : inscription par arrêté du 24 avril 1997

Personnages clés

James de Rothschild Banquier ayant commandé la construction du château.
Joseph-Armand Berthelin Architecte ayant conçu le château.
Eugène Lami Responsable de la décoration intérieure du château.
Joseph Paxton Paysagiste ayant travaillé sur le parc.
Loyre Paysagiste ayant travaillé sur le parc.
Edmond de Rothschild Membre de la famille Rothschild ayant fait créer un jardin japonais.
Hatta Horticulteur japonais ayant créé le jardin japonais.

Origine et histoire

Le château Rothschild, situé à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), est une demeure néo-Louis XIV construite entre 1855 et 1861 pour le banquier James de Rothschild par l'architecte Joseph-Armand Berthelin. Il s'inspire du château de Clagny ; la décoration intérieure fut confiée à Eugène Lami, tandis que le parc mêlait jardins à la française et jardins à l'anglaise, avec l'intervention de paysagistes tels que Joseph Paxton et Loyre. La propriété intégrait également la folie du château de Buchillot, ce qui porta la superficie du domaine à environ trente hectares. Sous la famille Rothschild, le parc devint une référence horticole, doté d'une grande orangerie, de terrasses plantées de tilleuls taillés, d'une pièce d'eau et d'une importante collection d'arbres remarquables. Edmond de Rothschild fit créer au début du XXe siècle un jardin japonais d'environ un hectare, réalisé par un horticulteur venu de Tokyo, Hatta, et comprenant une pagode et une maison de thé. La famille quitta le domaine en 1939 face à la menace allemande ; pendant l'Occupation la Kriegsmarine installa son état-major et de nombreuses œuvres et collections furent envoyées en Allemagne. En 1944, après le départ des Allemands, l'armée américaine utilisa la propriété comme centre de transit et le parc ainsi que la décoration intérieure furent gravement pillés et dégradés. À son retour, la famille Rothschild découvrit le château saccagé et ne regagna pas la demeure. Dans les décennies suivantes, le domaine fut amputé pour permettre la reconstruction de l'hôpital Ambroise-Paré et d'autres aménagements ; quinze hectares du parc furent cédés puis donnés à la ville par le baron Edmond de Rothschild en 1979. Le château servit de décor à des tournages dans les années 1970 alors qu'il était déjà en mauvais état. Vendu en 1986 à la société néerlandaise Jogo BV, il fut ensuite abandonné, vandalisé et partiellement détruit par des incendies en 1994 et 2003, malgré son classement au titre des monuments historiques en 1997. Plusieurs projets de rénovation ou de reconversion échouèrent en raison de l'ampleur des travaux et du coût, et la mairie entama en 2003 une procédure d'expropriation, interrompue après des engagements du propriétaire restés en grande partie inappliqués. À partir de 2007, le château de Buchillot fut restauré et accueille depuis 2010 le musée Paul Belmondo, tandis que le château Rothschild demeurait en ruine et fortement dégradé. En 2016 le groupe Novaxia a acquis la société détentrice du château et annoncé un projet de réhabilitation conforme au schéma directeur validé par la mairie et les autorités compétentes ; des travaux d'urgence et de sécurisation furent engagés et le château ouvert au public lors des journées du patrimoine en 2017. Le projet initial, qui prévoyait de financer la restauration par des constructions adjacentes, a été revu à la baisse et en 2019 les partenaires ont indiqué qu'aucune construction supplémentaire ne serait implantée. Le bâtiment présente une façade de 120 mètres en pierre claire, un corps de logis rectangulaire flanqué de deux pavillons, un toit mansardé en ardoise et zinc surmonté de hautes cheminées, des balcons soutenus par colonnes de marbre et des combles percés d'oculi et d'œils-de-bœuf moulurés. À l'intérieur, la grande galerie dessert salles à manger, salons, bibliothèque et appartements répartis sur plusieurs niveaux, la distribution intérieure n'ayant pas été profondément modifiée malgré la ruine. Le parc, qui longeait la Seine et jouxtait le bois de Boulogne, comprenait autrefois un réseau d'irrigation alimenté par une prise d'eau en Seine et plusieurs arbres remarquables, dont un tilleul isolé d'envergure et âgé de plus de cent soixante ans. Aujourd'hui une partie importante du parc est aménagée en parc public ; le reste du terrain et le château ont été longtemps délaissés puis font l'objet de projets de restauration et de sécurisation.

Liens externes