Origine et histoire
Le château de Garrevaques trouve ses origines au XVe siècle, lorsqu’il est érigé vers 1470 comme forteresse défensive pour protéger le village. Doté de quatre tours, de douves alimentées par le Sor et d’une enceinte, il incarne alors une architecture militaire typique de l’époque. Ce premier édifice, propriété d’un seigneur catholique, joue un rôle stratégique lors des guerres de Religion au XVIe siècle.
En 1580, le château est pris d’assaut par les troupes protestantes d’Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, après trois jours de siège. Une brèche dans les remparts permet sa chute, suivie d’un massacre de défenseurs. Il devient ensuite une place forte huguenote en Lauragais, accueillant même Henri de Navarre (futur Henri IV). Endommagé par les conflits, il est remanié par la famille de Gineste, protestante, qui en hérite au début du XVIIe siècle et le conserve encore aujourd’hui.
Lors de la Révolution française, le château est incendié par des révolutionnaires, ne laissant que quelques vestiges comme une porte et une tour. Au début du XIXe siècle, sous le Premier Empire, le comte Philippe de Gineste et son fils Henri, enrichis par le commerce de betteraves sucrières, le reconstruisent dans un style néoclassique. En 1815, à l’occasion d’un mariage, ils acquièrent douze tableaux panoramiques de la manufacture Dufour et Leroy, représentant Les Amours de Psyché et Cupidon, aujourd’hui protégés au titre des monuments historiques.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château est réquisitionné par les Allemands en 1943. Transformé en état-major, il subit des dégradations, sa cuisine servant d’armurerie. À leur départ en août 1944, les occupants placent des explosifs dans les sous-sols, désamorcés in extremis par le jardinier Jules Gasc, ancien combattant. Les propriétaires, aidés par les villageois, avaient préalablement sauvé les meubles de valeur.
Aujourd’hui, le château reste une résidence privée habitée par les 16e, 17e et 18e générations de la famille de Gineste. Il est partiellement classé monument historique depuis 2016 pour son salon aux tableaux Dufour. Le domaine, reboisé en 1878, abrite aussi un chêne remarquable de 550 ans et des dépendances converties en hôtel-restaurant. Des événements culturels et privés y sont organisés par l’agence My French Way of Life.