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Château à Talmont-Saint-Hilaire en Vendée

Château

    248 Rue du Château85440 Talmont-Saint-Hilaire
Propriété de la commune
Château
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Crédit photo : Marine69 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
2000
Vers 1025
Construction de la motte castrale
1050
Château en pierre et donjon
1170
Extensions par Richard Cœur de Lion
1360-1372
Guerre de Cent Ans
1628
Démantèlement par Richelieu
2009
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ensemble du château, y compris la tenaille du XVIe siècle (sols nus et bâtis) et la digue de retenue (cad. AL 3, 315) : classement par arrêté du 19 juin 2009

Personnages clés

Guillaume Ier de Talmont *le Chauve* - Seigneur de Talmont (XIe siècle) Fondateur de la motte castrale et du premier château.
Richard Cœur de Lion - Duc d’Aquitaine (XIIe siècle) Agrandit la forteresse et chasse à Talmont.
Louis de Thouars - Vicomte de Thouars (XIVe siècle) Simule la folie pendant la guerre de Cent Ans.
Ysabeau d’Avaugour - Épouse de Louis de Thouars Livre le château au Prince Noir.
Bertrand du Guesclin - Connétable de France Reprend Talmont pour Charles V en 1372.
Cardinal de Richelieu - Ministre de Louis XIII Ordonne le démantèlement en 1628.

Origine et histoire

Le château de Talmont, situé dans la commune de Talmont-Saint-Hilaire (Vendée), trouve ses origines au début du XIe siècle. Vers 1025, Guillaume Ier de Talmont, surnommé le Chauve et demi-frère probable de Guillaume V, duc d’Aquitaine, érige une première motte castrale sur un éperon naturel. Cette motte, encore visible aujourd’hui sous forme d’une colline boisée, marque le début des fortifications. En 1050, jugeant la motte insuffisante, il construit un château en pierre à l’emplacement d’une église ruinée dédiée à saint Pierre, réutilisant son clocher comme donjon. Ce premier château, parmi les plus anciens de Vendée, intègre une tour carrée, un mur d’enceinte et un bâtiment adossé au nord. La destruction de l’église, incompatible avec la vocation défensive, serait plutôt attribuée à Pépin, petit-fils de Guillaume, qui en fut excommunié.

Au XIIe siècle, la seigneurie de Talmont est une co-seigneurie partagée entre le sire de Talmont et le duc d’Aquitaine, aussi comte du Poitou. Vers 1170, Richard Cœur de Lion, héritier de droits sur le château, lance un vaste programme d’extension : une nouvelle enceinte flanquée de tours rondes double celle du XIe siècle, un châtelet d’entrée est bâti au nord, et le donjon est renforcé par un mur en éperon et une tour de garde. Une enceinte urbaine, ponctuée de cinq châtelets (porte de l’Abbé, Guédon, Cadoret, Curzon, Potet), protège également la ville établie au pied de la forteresse. Ces aménagements reflètent l’importance stratégique du site, à la croisée des influences poitevines et aquitaines.

Pendant la guerre de Cent Ans, le château de Talmont devient un enjeu politique. Louis de Thouars, vicomte fidèle à Jean le Bon, simule la folie pour échapper aux Anglais après le traité de Brétigny (1360). Sa femme, Ysabeau d’Avaugour, pro-anglaise, livre cependant le domaine au Prince Noir. Découvert, Louis est contraint de prêter serment à l’Anglais avant de mourir en 1370. En 1372, Charles V et son connétable Bertrand du Guesclin reconquièrent Talmont, forçant Ysabeau à soumettre la seigneurie à la couronne. Le château passe alors entre les mains des héritières de Louis et de leur belle-mère, dans un contexte de rivalités familiales.

Au XVIIe siècle, le cardinal de Richelieu ordonne le démantèlement des défenses du château en 1628, dans le cadre de sa politique de réduction des places fortes privées. Seul le logis, sans rôle défensif, et la tour-maîtresse, trop massive, sont épargnés. Les fouilles archéologiques récentes (2016-2017) ont révélé l’existence de deux logis seigneuriaux : l’un pour le sire de Talmont, l’autre pour le duc d’Aquitaine, co-seigneur. Le donjon, partiellement issu d’un clocher d’église préromane ou castrale, conserve des éléments remarquables comme un narthex voûté en berceau et un escalier à vis ajouté vers 1050 par Guillaume II de Talmont.

Le site, classé Monument Historique en 2009, comprend aujourd’hui les ruines du château (enceintes, donjon, logis), la tenaille du XVIe siècle et une digue de retenue. Propriété de la commune, il témoigne de près de six siècles d’histoire militaire et seigneuriale, marquée par les conflits entre Capétiens, Plantagenêts et ducs d’Aquitaine. Son architecture mêle influences religieuses (réemploi du clocher) et innovations défensives (enceintes concentriques, tours rondes), illustrant l’évolution des techniques castrales du Moyen Âge à la Renaissance.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours