Origine et histoire
Le château de Rochefort-en-Yvelines est un ancien château fort aujourd’hui à l’état de ruines, situé sur un éperon rocheux dans le département des Yvelines. Construit entre les XIe et XIIe siècles, il servait de poste de vigie sur la route de Chartres, permettant notamment de contrôler les pèlerins se rendant vers la cathédrale. Ses vestiges incluent des courtines, une tour, et les fondations d’un donjon quadrangulaire en opus spicatum, typique de l’architecture médiévale défensive.
Gui Ier de Rochefort, surnommé Le Rouge et issu de la famille de Montlhéry, aurait érigé le premier château féodal vers la fin du XIe siècle, sous le règne de Philippe Ier. Ce site stratégique abritait aussi l’église actuelle, bâtie en contrebas, ainsi qu’un village primitif entouré de remparts. Les traces archéologiques révèlent une occupation antérieure à cette période, mais les guerres et les héritages successifs ont profondément modifié le site.
Détruit lors des guerres de Religion au XVIe siècle, le vieux château ne conserva que deux courtines et une tour. Au début du XVIIe siècle, Hercule de Rohan, duc de Montbazon, fit construire une nouvelle demeure seigneuriale, aujourd’hui disparue. La famille de Rohan posséda le domaine pendant 235 ans, jusqu’à ce que Charles-Louis Gaspard de Rohan érige un troisième château à la fin du XVIIIe siècle. En 1830, le domaine, alors déprécié, fut cédé à la famille de Bernis, puis revendu en 1855 aux La Rochefoucauld.
Les ruines actuelles, classées partiellement aux monuments historiques en 1931, comprennent un enclos fortifié irrégulier de 1 650 m2, adapté à la topographie. Le site inclut aussi un réduit triangulaire et une muraille transverse du XIXe siècle, témoignant des réaménagements tardifs. L’éperon rocheux, long de 150 mètres, offrait une position défensive idéale, avec un dénivelé de 40 mètres par rapport au village.
À proximité de l’église, située sur un versant terrassé, subsistent les vestiges du premier village de Rochefort, ceint d’un rempart d’un mètre d’épaisseur. Ce site illustre l’évolution d’une forteresse médiévale en résidence seigneuriale, puis en ruines pittoresques, tout en conservant des éléments architecturaux remarquables comme l’opus spicatum du donjon ou les murs en grès et silex.