Origine et histoire
Les châteaux de Mello, situés dans le département de l’Oise en région Hauts-de-France, se composent de deux ensembles distincts : la Forteresse de Mello, datant du XVe siècle, et le Château de la Princesse, reconstruit au 3e quart du XIXe siècle. Ces édifices, inscrits aux monuments historiques depuis 1989, illustrent une occupation militaire et seigneuriale ancienne, probablement liée à la position stratégique du site, dominant un nœud de routes et offrant une vue étendue sur les alentours. Certains éléments, comme le pont d’accès, évoquent même des traces d’une possible origine romaine, bien que non confirmée.
Au Moyen Âge, la forteresse médiévale, de forme quadrilatère flanquée de deux tours, servait de prison. Un donjon de 42 mètres, aujourd’hui disparu, permettait d’apercevoir Beauvais par temps clair. Mello, relevant directement de la couronne via Senlis, fut possession des barons de Mello dès le XIe siècle, puis passa par alliance aux familles Néelle, Bruges, et enfin Montmorency. Louise de Néelle, dernière héritière, fit reconstruire la façade sud aux tourelles encorbellées avant de léguer le domaine à sa nièce Charlotte d’Humières, épouse de François de Montmorency.
Les Montmorency conservèrent Mello jusqu’en 1768, accueillant des personnalités comme Henri IV, Louis XIII, et l’ambassadeur anglais Lord Herbert de Cherbury pour des parties de chasse. La chapelle fut édifiée par Charlotte-Marguerite de Montmorency en mémoire de son frère Henri II, décapité en 1632. Le domaine passa ensuite aux mains des Seillière, qui firent construire l’actuel Château de la Princesse en 1871 par Hippolyte Destailleur, élève de Viollet-le-Duc, remplaçant un édifice plus simple du XVIIIe siècle. Depuis 2004, les châteaux abritent des séminaires d’entreprises.
L’architecture intérieure allie grandeur (hauts plafonds, murs épais) et couleurs vives (rouge, violet, ocre), reflétant le faste des salons d’époque, tandis que les circulations, austères, rappellent les ruelles médiévales. Les éléments protégés incluent les façades des deux châteaux, la chapelle mortuaire des Seillière et la chapelle Sainte-Anne, inscrits depuis 1986 et 1989.
Les archives départementales de l’Oise et les sources comme Monumentum soulignent l’importance des substructions médiévales et des transformations classiques, tandis que la localisation approximative (1 Rue de Creil, Mello) et la précision cartographique jugée « a priori satisfaisante » (niveau 6) complètent les données disponibles.