Patrimoine classé
Le vieux château et ses dépendances (cad. OA 184) ; le pigeonnier (cad. OA190) ; la chapelle Saint-lambert (cad. OA196) ; les parties du canal d'irrigation, y compris les ponts-aqueducs (cad. OA 138 à 142, 144, 145, 190 à 195, 197 à 199, 202, 203, 207, 208, 223 à 225, 234, 236, 237, 277, 281 à 284) ; le château neuf et ses dépendances (cad. OA 147) ; le parc du château neuf, y compris son mur de clôture et le square des Quatre-Saisons (cad. OA 101, 148 à 163, 165, 168 à 172, 174, 178, 179) ; l'allée de platanes bordant la départementale n° 48 (cad. OA 90 à 92, 94 à 98, 115, 164, 248) ; les parties du canal d'irrigation (cad. OA 121, 146 à 148, 150, 151, 153 à 157, 162, 166 à 169, 171 à 173) : inscription par arrêté du 17 avril 2009
Personnages clés
| Bertrand et Jourdan de Vidauban - Vicommes donateurs |
Cèdent des terres aux Templiers en 1220. |
| Philippe le Bel - Roi de France |
Ordonne le transfert aux Hospitaliers en 1314. |
| Maximin Martin - Industriel marseillais |
Acheteur du domaine en 1802. |
| Marc-Maximin Martin - Héritier et constructeur |
Fait bâtir le château neuf en 1860. |
| Madame Reynad-Martin - Propriétaire au XIXe siècle |
Reçoit des marins russes en 1893. |
| Joseph Maurel - Ancêtre de l'actuel propriétaire |
Héritier désigné par Marc-Maximin Martin. |
Origine et histoire des Châteaux d'Astros
Les Châteaux d'Astros trouvent leur origine au XIIe siècle, lorsque les Templiers s’installent dans la plaine de l’Argens après avoir acquis des terres des vicomtes de Marseille. En 1220, Bertrand et Jourdan de Vidauban cèdent des biens à l’ordre, formant plus tard la commanderie d’Astros, dépendante de celle du Ruou. En 1232, ils offrent la bastide du Temple d'Astros (de Strolis), marquant le début de son histoire monastique et militaire.
À partir de 1314, sous Philippe le Bel, les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem reprennent le site après la dissolution des Templiers. La commanderie, initialement rattachée à Marseille, est érigée en entité autonome en 1637 par l’Ordre de Malte. La Révolution française transforme le domaine en bien national : vendu en 1796, puis à nouveau en 1802 sous Napoléon Bonaparte à Maximin Martin, industriel marseillais protestant.
Au XIXe siècle, Marc-Maximin Martin, héritier du domaine, fait construire en 1860 un château inspiré des villas italiennes, aujourd’hui appelé château neuf. Le site, qui inclut aussi un château vieux du XVIIe siècle, une chapelle Saint-Lambert (1691), un pigeonnier, et un parc avec allée de platanes, est classé Monument Historique en 2009. Son décor intérieur, réalisé en 1862 par Camoin Jeune, mêle peintures, stucs dorés et tapisseries d’Aubusson.
Le domaine agricole de 600 hectares, toujours actif avec 10 000 pommiers, a aussi servi de décor au film Le Château de ma mère (1990) de Marcel Pagnol, remplaçant le Château de la Buzine alors en mauvais état. Une anecdote marque son histoire : en 1893, une délégation de marins russes, reçue par madame Reynad-Martin, inspire le financement partiel de l’église de Vidauban, dont le clocher bulbeux et la cloche Joséphine témoignent de cette rencontre franco-russe.
L’architecture du château neuf se distingue par sa façade symétrique, ses tourelles à poivrière, et sa terrasse surélevée dominant un parterre triangulaire. Le château vieux, en forme de L, conserve des communs, des écuries et un mur crénelé, vestiges de son passé de commanderie. Deux ponts-aqueducs (1824) permettent au canal d’irrigation de traverser les vallons, illustrant l’ingénierie hydraulique du XIXe siècle.
Aujourd’hui, le domaine allie patrimoine et activité agricole, avec des éléments protégés comme la chapelle Saint-Lambert (source miraculeuse depuis le XVIe siècle), le square des Quatre-Saisons orné de statues, et l’allée de platanes bordant la départementale. Son histoire reflète les transitions entre ordres religieux, révolution industrielle, et préservation culturelle.