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Châteaux de Mello dans l'Oise

Châteaux de Mello

    5374F Prairie sous Messie
    60660 Mello

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Premières mentions des seigneurs de Mello
XIVe siècle
Mariage de Marguerite de Mello
1472 (environ)
Reconstruction de la façade sud
1632
Décapitation d'Henri II de Montmorency
1er février 1989
Inscription aux monuments historiques
2004
Ouverture aux séminaires d’entreprises
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit MH

Personnages clés

Marguerite de Mello - Dernière héritière des barons de Mello Épouse Jean de Néelle au XIVe siècle.
Louise de Néelle - Dame de Mello et mécène Reconstruit la façade sud aux tourelles.
Charlotte-Marguerite de Montmorency - Princesse de Condé Fonde la chapelle en mémoire de son frère.
Henri II de Montmorency - Duc et connétable de France Décapité en 1632, commémoré à Mello.
Hippolyte Destailleur - Architecte du XIXe siècle Rénove le château de la Princesse en 1871.
Lord Herbert de Cherbury - Ambassadeur d’Angleterre Témoigne des chasses à Mello au XVIIe.

Origine et histoire

Les châteaux de Mello, situés dans l’Oise en région Hauts-de-France, forment un ensemble médiéval appelé le « Grand Mello ». Composés de la Forteresse de Mello et du château de la Princesse, ces édifices du XVe siècle furent inscrits aux monuments historiques le 1er février 1989. Leur histoire remonte au moins au XIe siècle, avec des seigneurs barons mentionnés dans des chartes, et une forteresse primitive probablement liée à la position stratégique du site, dominant un nœud routier et offrant une vue étendue.

Au Moyen Âge, le château adopte un plan quadrilatère flanqué de tours, dont une base subsiste aujourd’hui. Il servait alors de prison, et son donjon de 42 mètres permettait, par temps clair, d’apercevoir Beauvais. Mello, relevant directement du roi via Senlis, passe entre les mains de familles nobles successives : les Mello (jusqu’au XIVe siècle), les Néelle (qui reconstruisent la façade sud aux tourelles encorbellées), puis les Montmorency (de 1472 à 1768). La chapelle de la Forteresse, édifiée par Charlotte-Marguerite de Montmorency, commémore son frère Henri II, décapité en 1632.

Le site accueille des souverains comme Henri IV et Louis XIII pour la chasse, activité prisée dans les bois locaux jusqu’au XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, Mello est cédé à des familles bourgeoises, dont les Seillière, qui transforment le château de la Princesse en 1871 sous la direction de l’architecte Hippolyte Destailleur, élève de Viollet-le-Duc. Ce dernier remplace un édifice sobre de l’époque Louis XV par une construction néomédiévale. Depuis 2004, les châteaux abritent des séminaires d’entreprises, alliant patrimoine historique et usage contemporain.

L’architecture des châteaux de Mello se distingue par des éléments défensifs massifs (murs épais, hauteurs de plafond) et une décoration intérieure aux couleurs vives (rouge violent, violet, ocre), inspirées des salons d’époque. Les circulations, austères, évoquent les ruelles médiévales du Marais, contrastant avec des touches de modernité dans les luminaires. Les heurtoirs en fer forgé et les boiseries rappellent le prestige des anciens propriétaires, tandis que la chapelle conserve sa vocation mémorielle.

Les archives départementales de l’Oise et les mémoires de Lord Herbert de Cherbury (ambassadeur anglais au XVIIe siècle) attestent de l’importance stratégique et sociale de Mello. Le site, lié à la cour royale via Senlis, illustre les alliances entre noblesse locale (Mello, Néelle) et grandes familles du royaume (Montmorency, Condé). Sa transformation au XIXe siècle reflète le goût romantique pour le néomédiéval, tout en préservant des traces des époques antérieures, comme les fondations supposées romaines du pont d’accès.

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