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Cheminée dite Le Colosse

Cheminée dite Le Colosse

    9 Lotissement le Colosse
    97440 Saint-André
Cheminée dite Le Colosse
Cheminée dite Le Colosse
Cheminée dite Le Colosse
Crédit photo : Thierry Caro - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1827
Fondation de l’usine
1831
Révolte des engagés indiens
1850
Construction des calbanons
1882
Reconversion en féculerie
1897
Fermeture définitive
2002
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La cheminée en totalité, y compris son terrain d'assiette (cad. AK 482) : inscription par arrêté du 27 juin 2002

Personnages clés

Nicole Robinet de la Serve - Fondateur de l’usine Créa l’Établissement de Champ-Borne en 1827.
Luc Gardye de la Chapelle - Propriétaire en 1833 Reprit l’usine après la faillite.
Famille Imhaus - Propriétaires (1857-1880) Géra l’usine avec 222 travailleurs.
Famille Bœuf - Derniers propriétaires (1882) Transforma l’usine en féculerie.

Origine et histoire

La cheminée Le Colosse est l'unique vestige d'une ancienne usine sucrière construite au XIXe siècle à Saint-André, sur l'île de La Réunion. Appelée initialement « Établissement de Champ-Borne », elle fut fondée en 1827 par Nicole Robinet de la Serve, un créole descendant de colons malgaches et périgourdins. L’usine, située entre la mer et la route, devint un symbole de l’industrie sucrière locale avant de fermer définitivement en 1897.

L’histoire du site est marquée par des changements de propriétaires et des crises économiques. Dès 1831, une révolte des engagés indiens éclate, reflétant les tensions sociales liées à l’immigration forcée. En 1850, des calbanons (logements ouvriers) sont construits, et l’usine emploie jusqu’à 222 travailleurs, majoritairement indiens. Après 1882, elle se reconvertit en féculerie avant sa fermeture en 1897.

Nicole Robinet de la Serve, figure clé du projet, fut un pionnier controversé. Il proposa un plan d’immigration contractuelle depuis les Indes, introduisant près de 3 000 travailleurs entre 1828 et 1829. Ces engagés, souvent traités comme une main-d’œuvre servile, laissèrent une empreinte durable, illustrée par le temple indien voisin. La cheminée, classée Monument historique en 2002, incarne aujourd’hui ce patrimoine industriel et migratoire.

Le site reflète aussi l’évolution économique de La Réunion : passage de la canne à sucre au tapioca, déclin des plantations, et héritage culturel des communautés indiennes. Les ruines, incluant les calbanons en forme de U, rappellent les conditions de vie des ouvriers. La cheminée, propriété communale, reste un repère historique dans le paysage de Saint-André.

Architecturalement, la cheminée se distingue par sa taille imposante, d’où son nom « Le Colosse ». Son inscription à l’inventaire des Monuments historiques couvre également son terrain d’assiette, soulignant son importance patrimoniale. Le site, bien que partiellement en ruines, attire pour son rôle dans l’histoire sociale et industrielle de l’île.

Liens externes

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