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Eglise Notre-Dame de l'Assomption à Chassignolles en Haute-Loire

Haute-Loire

Eglise Notre-Dame de l'Assomption

    41 Place de L'eglise
    43440 Chassignolles
Crédit photo : Record - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1077
Fondation du prieuré
XIIe siècle
Construction du portail roman
1358
Traité avec Jeanne d’Auvergne
XVe siècle
Porte et pentures forgées
XVIe siècle
Reconstruction de l’église
28 novembre 1944
Classement et inscription
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façade occidentale : classement par arrêté du 28 novembre 1944 ; Eglise (sauf parties classées) : inscription par arrêté du 28 novembre 1944

Personnages clés

Robert III - Comte d’Auvergne Donateur des terres en 1077.
Durand - Abbé de la Chaise-Dieu Successeur de saint Robert, lié à la fondation.
Jeanne d’Auvergne - Comtesse et reine de France Signataire d’un traité en 1358.
Yves Morvan - Restaurateur A restauré la Vierge romane en 1938.

Origine et histoire

L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Chassignolles, située dans le département de la Haute-Loire en Auvergne-Rhône-Alpes, est un édifice religieux dont la construction s'échelonne entre les XIIe, XVe et XVIe siècles. Elle a été reconstruite au XVIe siècle tout en conservant des éléments plus anciens, comme un portail du XIIe siècle provenant d'un porche roman. Ce portail, réédifié sur la façade ouest, se distingue par ses deux archivoltes finement sculptées, dont l'une est ornée de bâtons rompus et de feuilles, reposant sur des colonnettes à chapiteaux. La porte, datant du XVe siècle, est enrichie de pentures forgées et d'un verrou décoré d'une poignée en forme de poisson.

Le monument présente une façade romane trapue, typique des églises à nef unique, encadrée de contreforts et surmontée d'une baie éclairant la nef. À l'intérieur, l'édifice abrite une Vierge en majesté du XIIe siècle, statue romane en bois polychrome classée, ainsi qu'un Christ en croix gothique. Cette Vierge, découverte en 1938 et restaurée, est un exemple remarquable des statues reliquaires auvergnates, représentant la Vierge assise avec l'Enfant tenant le Livre. L'église, partiellement classée et inscrite aux monuments historiques en 1944, témoigne aussi d'une histoire liée au prieuré de moniales fondé au XIe siècle par l'abbaye de la Chaise-Dieu.

L'histoire de l'église est marquée par son lien avec le prieuré de Chassignolles, établi en 1077 par le comte d’Auvergne Robert III, qui offrit des terres à l'abbaye de Lavaudieu. Ce prieuré, dédié à Notre-Dame, fut impliqué dans des conflits avec les seigneurs locaux, notamment en 1358, où un traité fut conclu avec la comtesse d’Auvergne Jeanne, reine de France. L'édifice, propriété communale, conserve des traces de fortification similaires à celles des églises voisines de Chaméane et Champagnac-le-Vieux, reflétant son rôle défensif et spirituel dans la région.

La façade occidentale, classée, et le reste de l'église, inscrit, illustrent une architecture hybride mêlant roman et gothique. Les éléments défensifs visibles sur le bas-côté sud, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, rappellent les besoins de protection des communautés rurales au Moyen Âge. L'église, construite en arkose blonde, domine le bourg et offre un panorama sur le paysage typique du parc naturel régional Livradois-Forez, soulignant son intégration harmonieuse dans son environnement naturel et historique.

Parmi les objets remarquables, la Vierge romane Notre-Dame de Chassignolles est un chef-d'œuvre de sculpture sur bois marouflé et polychrome, caractéristique de l'art religieux auvergnat. Cette statue, restaurée par Yves Morvan, était à l'origine un reliquaire abritant une relique dans son dos. Un Christ en croix gothique, dépourvu de polychromie, complète cet ensemble patrimonial. Ces éléments, associés à l'histoire du prieuré et aux transformations architecturales, font de cette église un témoin précieux de l'évolution religieuse et artistique de la région.

Les sources historiques, comme les travaux du Docteur Paul Olivier et de Pierre Cubizolles, mettent en lumière l'importance de l'église dans le contexte local, notamment à travers les reliquaires et les conflits féodaux. L'édifice, toujours propriété de la commune, reste un lieu de mémoire et de culte, ouvert à la visite, et illustre le patrimoine religieux et architectural de la Haute-Loire.

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