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Citadelle d'Arras dans le Pas-de-Calais

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Citadelles
Fortification de Vauban

Citadelle d'Arras

    Avenue du Général-de-Gaulle
    62000 Arras

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1668-1672
Construction par Vauban
1715
Prison souterraine
1941-1944
Fusillades de résistants
1949
Inauguration du Mur des fusillés
2008
Classement UNESCO
2010
Démilitarisation
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire Concepteur de la citadelle.
Julien Hapiot - Résistant communiste Fusillé en 1943, figure de la grève des mineurs.
Alfred Touny - Résistant Fusillé en avril 1944.
Auguste Lecoeur - Syndicaliste CGT Discours polémique en 1949.
Édouard Herriot - Homme politique Hué lors de l’inauguration de 1949.
Guy Mollet - Homme politique socialiste Critique du discours de 1949.

Origine et histoire

La citadelle d’Arras, conçue par l’ingénieur militaire Vauban entre 1668 et 1672, avait pour mission de renforcer la défense de la ville dans le cadre de son pré carré, une ligne stratégique contre les invasions. Cinq emplacements furent envisagés avant de choisir un angle droit entre la ville et la cité, près des portes d’Amiens et d’Hagerue. Surnommée « la belle inutile » car jamais attaquée, elle fut critiquée pour son manque de servitude avec Arras, ses remparts détruits tardivement et son esplanade non formée. Dès 1715, ses souterrains servirent de prison, et en 1830, son temple, délabré, fut transformé en magasin après la charte constitutionnelle.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la citadelle devint un lieu tragique : entre août 1941 et juillet 1944, 218 résistants de 9 nationalités (dont des Français, Belges ou Soviétiques, âgés de 16 à 69 ans) y furent fusillés dans ses fossés. Leurs noms sont gravés sur le Mur des fusillés, inauguré en 1949 après des débats sur l’affichage de leur appartenance politique, notamment communiste. Une plaque commémorative rappelle leur sacrifice, tandis que l’inauguration fut marquée par des tensions, reflétant les divisions politiques de l’époque, entre hommage aux victimes et dénonciation du réarmement allemand.

Classée monument historique en 1920 et 1929, puis en totalité en 2012, la citadelle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008 parmi les fortifications de Vauban. Démilitarisée en 2010, elle est aujourd’hui gérée par la communauté urbaine d’Arras et accueille des pôles loisirs, logements et économiques. Elle abrite aussi le Main Square Festival et servit de décor au film La Liste de mes envies (2014), mêlant patrimoine et modernité.

Son histoire reflète à la fois son rôle militaire initial, son statut de lieu de mémoire de la Résistance, et sa reconversion contemporaine en espace culturel et urbain. Les débats autour de son mur commémoratif illustrent les enjeux mémoriels et politiques liés à la Seconde Guerre mondiale, tandis que sa préservation témoigne de l’héritage architectural de Vauban.

Devenir actuel

Elle est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.

Liens externes