Origine et histoire
La citadelle de Saint-Tropez est une construction militaire « pré-Vauban » érigée au début du XVIIe siècle sur les hauteurs de la ville, dominant le golfe. Elle intègre aujourd’hui le musée d’histoire maritime de Saint-Tropez. Son donjon, classé monument historique depuis 1921, et son enceinte, classée en 1995, témoignent de son rôle défensif historique contre les pirates, corsaires et attaques espagnoles. Le glacis de sa contrescarpe a été inscrit en 1990.
L’histoire de la citadelle remonte à la fin du XVIe siècle, lorsque le duc de La Valette, gouverneur de Provence, fait édifier une première enceinte en 1583 malgré l’opposition des habitants, pour protéger Saint-Tropez des invasions et affirmer l’autorité royale. La ville, repeuplée par des colons génois au XVe siècle sous l’impulsion de Raphaël de Garezzio, avait déjà subi des attaques barbaresques et des conflits liés aux guerres de Religion. La citadelle initiale, construite pour résister aux ligueurs, est démolie en 1596 sur ordre du parlement de Provence.
Entre 1602 et 1607, l’ingénieur royal Raymond de Bonnefons érige le donjon actuel, une tour hexagonale dotée d’une cour intérieure et de tourelles circulaires, sur les « collines boisées des moulins ». Les fortifications bastionnées, complétées dans les années 1620, permettent de repousser une attaque de 21 galères espagnoles en 1637, pendant la guerre de Trente Ans. La citadelle devient un symbole de la résistance tropézienne et un outil stratégique pour contrôler le seul port de commerce entre Toulon et Antibes.
Au XVIIe siècle, la citadelle est le théâtre de conflits liés à la Fronde. En 1652, elle est prise par les Frondeurs avant d’être reprise par le duc de Mercœur, allié des Tropéziens. Louis XIV supprime les privilèges de Saint-Tropez en 1672, marquant la fin de son autonomie. Au XVIIIe siècle, la citadelle est commandée par Simon Claude Grassin de Glatigny et abrite une garnison d’invalides. Transformée en musée de la marine en 1958, elle ferme en 2002 pour rénovation et rouvre en 2013 sous le nom de musée d’histoire maritime.
La citadelle illustre les enjeux stratégiques de la Provence côtière, entre défense contre les pirates méditerranéens, rivalités nobles pendant les guerres de Religion, et affirmation du pouvoir royal. Son architecture mêle héritage génois, adaptations militaires des XVIe et XVIIe siècles, et réutilisation patrimoniale contemporaine. Les vestiges des remparts et du donjon rappellent son rôle clé dans l’histoire maritime et politique de la région.