Origine et histoire de la Clairière de l'Armistice
La clairière de l'Armistice, située en forêt de Compiègne près de la gare de Rethondes, fut choisie en 1918 par le maréchal Foch pour sa discrétion et son isolement. Deux épis ferroviaires parallèles, initialement utilisés pour le transport d’artillerie lourde, permirent d’y installer les trains des délégations française et allemande. L’armistice du 11 novembre 1918 y fut signé dans le wagon-salon de Foch, mettant fin à la Première Guerre mondiale. Le site, proche de l’Aisne et de la commune de Compiègne, devint un symbole de victoire et de paix.
Entre 1922 et 1937, la clairière fut aménagée par l’architecte Marcel Magès et l’écrivain Binet-Valmer pour en faire un mémorial. Une allée de 250 mètres menant à une esplanade ovale fut tracée, bordée de monuments commémoratifs, dont une dalle centrale gravée et une statue du maréchal Foch, inaugurée en 1937. Le wagon de l’Armistice, initialement exposé aux Invalides, y fut installé en 1927 grâce au mécénat d’Arthur Henry Fleming. Le site attira des visiteurs du monde entier, célébrant la mémoire des soldats et la libération de l’Alsace-Lorraine.
Le 22 juin 1940, Hitler imposa la signature du second armistice dans le même wagon, avant de faire dynamiter le site et détruire les monuments. La dalle commémorative fut brisée, et le wagon, transporté en Allemagne, fut brûlé en 1945 sur ordre d’Hitler. Après la Libération, la clairière fut reconstruite à l’identique dans les années 1950, avec un wagon similaire et des fragments de la dalle originelle rapportés d’Allemagne. Le mémorial, classé monument historique en 2001, reste un lieu de mémoire majeur.
Le monument aux Alsaciens-Lorrains, œuvre d’Edgar Brandt, représente un aigle allemand terrassé par une épée, symbolisant la victoire française. Ce mémorial, détruit en 1940 puis restauré, rappelle le rôle des soldats dans la reconquête des territoires perdus. La clairière, intégrée au domaine national du château de Compiègne en 2022, accueille aujourd’hui un musée dédié aux deux armistices, attirant environ 100 000 visiteurs annuels. Son histoire reflète les bouleversements du XXe siècle et l’importance de la préservation de la mémoire collective.