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Couvent de la Madeleine de Traisnel à Paris

Patrimoine classé Couvent

Couvent de la Madeleine de Traisnel à Paris

    100 Rue de Charonne
    75011 Paris
Couvent de la Madeleine de Traisnel - Paris 11ème
Couvent de la Madeleine de Traisnel à Paris
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Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
1142
Fondation initiale
1652
Installation à Paris
20 avril 1664
Pose de la première pierre
1724
Commerce d’eau de lavande
1790
Confiscation révolutionnaire
27 octobre 1801
Vente et reconversion
1871
Siège du Club Révolutionnaire
30 avril 1990
Classement partiel
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Gondri (ou Gundricus) - Fondateur Prêtre créateur de la communauté.
Anne d'Autriche - Bienfaitrice Finance la chapelle en 1664.
Marc-René d'Argenson - Bienfaiteur et retraité Fait construire des bâtiments, cœur inhumé.
Adélaïde d'Orléans - Religieuse résidente Inhumée dans la chapelle.
Françoise-Marie de Bourbon - Religieuse résidente Mère d’Adélaïde, inhumée sur place.
Jean-Sylvain Cartaud - Maître d’œuvre Remanie les bâtiments au XVIIIe.

Origine et histoire

Le couvent de la Madeleine de Traisnel trouve ses origines en 1142 à Traisnel (Champagne), fondé par le prêtre Gondri sous la protection d’Anseau Ier, seigneur local. En 1629, les religieuses fuient les guerres de Religion pour Melun, puis s’installent à Paris en 1652, acquérant un terrain dans le faubourg Saint-Antoine. La reine Anne d’Autriche pose la première pierre de la chapelle en 1664 et finance sa construction à hauteur de 9 000 livres. Le couvent, étendu sur 42 hectares, devient un lieu de retraite pour des figures comme Marc-René d’Argenson, qui y fait construire de nouveaux bâtiments et y dépose son cœur.

Au XVIIIe siècle, le couvent abrite des personnalités royales, dont Adélaïde d’Orléans et sa mère Françoise-Marie de Bourbon, inhumées dans la chapelle. En 1724, les religieuses lancent un commerce d’eau de toilette à la lavande. Confisqué comme bien national en 1790, le site est vendu en 1801 et transformé en filature par Richard et Lenoir. Pendant la Commune de 1871, il accueille le Club Révolutionnaire. Les bâtiments restants, dont la nef de la chapelle et un escalier du XVIIe siècle, sont inscrits aux monuments historiques en 1990.

Le couvent, entouré d’autres institutions religieuses comme les Bénédictines du Bon-Secours ou les Filles-de-Sainte-Marguerite, s’étendait jusqu’aux actuelles rues Jules-Vallès et Léon-Frot. Son histoire littéraire est marquée par des références sulfureuses, comme dans Le Chevalier d’Harmental d’Alexandre Dumas, où d’Argenson y passe ses soirées, ou Le Parfum de Patrick Süskind, qui situe l’enfance de Jean-Baptiste Grenouille dans ses alentours. Les jardins en forme de L et les caves, où reposeraient encore les filles de France, ajoutent à son mystère.

Architecturalement, les bâtiments, remaniés au XVIIIe siècle par Jean-Sylvain Cartaud, mêlent héritage religieux et adaptations industrielles. La chapelle, coupée en deux plans, et un escalier à balustres de bois du XVIIe siècle témoignent de son passé. Aujourd’hui, seuls trois corps de bâtiment sur la première cour, avec leurs caves, subsistent de cet ensemble historique, classé pour ses façades, toitures et éléments intérieurs comme la rampe en fer forgé.

La réputation du couvent, entre piété et scandales supposés, reflète les contrastes de l’Ancien Régime. Les novices jeunes et la richesse de la communauté inspirent des rumeurs de débauche, tandis que des bienfaiteurs comme d’Argenson ou les princesses d’Orléans en font un lieu de dévotion et de mécénat. Son déclin post-révolutionnaire et sa reconversion industrielle illustrent les bouleversements urbains et sociaux de Paris au XIXe siècle.

Liens externes