Frise chronologique
1218
Fondation de l'Ordre de la Merci
Fondation de l'Ordre de la Merci
1218 (≈ 1218)
Création par Pierre de Nolasque pour racheter les captifs.
1613
Installation des Pères de la Merci
Installation des Pères de la Merci
1613 (≈ 1613)
Marie de Médicis attribue les terrains rue de Chaume.
1727-1731
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
1727-1731 (≈ 1729)
Travaux dirigés par Pierre François Godot.
1790
Fermeture du couvent
Fermeture du couvent
1790 (≈ 1790)
Confisqué pendant la Révolution française.
1799
Vente et destruction partielle
Vente et destruction partielle
1799 (≈ 1799)
Transformé en immeuble, église démolie.
1984
Classement monument historique
Classement monument historique
1984 (≈ 1984)
Protection du portail, façades et cadrans solaires.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail, les façades et les toitures y compris le cadran solaire, l'escalier intérieur (cad. 03 : 04 AT 56) : inscription par arrêté du 5 décembre 1984
Personnages clés
| Marie de Médicis - Reine de France |
Installa l’ordre en 1613 sur le site. |
| Pierre de Nolasque - Fondateur de l’Ordre |
Créa l’Ordre de la Merci en 1215. |
| Charles Chamois - Architecte |
Conçut les bâtiments du XVIIe siècle. |
| Pierre François Godot - Architecte |
Reconstruit partiellement le couvent (1727-1731). |
| Germain Boffrand - Architecte |
Remania la façade de l’église en 1709. |
| Prince de Soubise - Commanditaire |
Finança la nouvelle façade de l’église. |
Origine et histoire
Le couvent de la Merci à Paris, fondé en 1613 par Marie de Médicis sur l’emplacement d’un hospice du XIVe siècle, fut le plus important monastère parisien de l’Ordre de Notre-Dame-de-la-Merci. Cet ordre, créé en 1218 pour racheter les chrétiens esclaves des Barbaresques, évolua vers des missions caritatives et évangéliques. Les bâtiments conventuels, construits au XVIIe siècle par Charles Chamois, furent partiellement reconstruits entre 1727 et 1731 par Pierre François Godot, conservant des éléments anciens comme les arcades du plan de 1687.
Le couvent adopte un plan en U autour d’une cour, fermée par un portail orné de deux cadrans solaires : l’un visible depuis la rue avec la devise « utere dum luceat » (« profite tant qu’il est permis »), l’autre, caché, représentant l’ange de la Mort. L’escalier intérieur, daté du XVIIIe siècle, et les façades à trois niveaux percés de baies rectangulaires, soulignées par une corniche moulurée, témoignent de cette double période de construction. Le site fut fermé en 1790 pendant la Révolution, servant brièvement de prison avant d’être vendu en 1799 et transformé en immeuble.
L’église du couvent, située au 47 rue des Archives, fut en partie détruite en 1799, ses derniers vestiges disparaissant en 1877. Sa façade, initialement œuvre de Charles Chamois, avait été remaniée en 1709 par Germain Boffrand à la demande du prince de Soubise, souhaitant un vis-à-vis digne de son hôtel particulier. Aujourd’hui, seuls le portail, les façades, les toitures, l’escalier et les cadrans solaires sont protégés comme monuments historiques depuis 1984.
L’Ordre de la Merci, fondé en 1215 par Pierre de Nolasque, avait pour mission le rachat des captifs et l’évangélisation. La maison parisienne, la plus importante de l’ordre, illustre cette double vocation à travers son architecture et son histoire mouvementée, marquée par la Révolution. Les bâtiments, restaurés à la fin du XXe siècle, abritent désormais des appartements, tandis que des éléments comme les menuiseries du XVIIe siècle dans l’aile sud rappellent leur passé conventuel.