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Frise chronologique
1120
Fondation de l’oratoire
Fondation de l’oratoire
1120 (≈ 1120)
Rotrou III érige un oratoire en mémoire de Mathilde.
1140
Arrivée des moines
Arrivée des moines
1140 (≈ 1140)
Installation des premiers moines de Savigny.
1147
Adoption de la règle cistercienne
Adoption de la règle cistercienne
1147 (≈ 1147)
Intégration à l’ordre cistercien sous Eugène III.
1214
Consécration de l’église abbatiale
Consécration de l’église abbatiale
1214 (≈ 1214)
Apogée architectural sous Adam Gautier.
1664
Réforme trappiste
Réforme trappiste
1664 (≈ 1664)
Rancé instaure la Stricte Observance.
1790
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1790 (≈ 1790)
Exil des moines et destruction partielle.
1814
Retour des trappistes
Retour des trappistes
1814 (≈ 1814)
Restauration de la vie monastique.
1890
Reconstruction des bâtiments
Reconstruction des bâtiments
1890 (≈ 1890)
Style néo-médiéval actuel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancien bâtiment des hôtes (cad. H 35) : classement par arrêté du 18 juillet 1975
Personnages clés
| Rotrou III le Grand - Comte du Perche et fondateur |
Commanditaire de l’oratoire (1122). |
| Adam Gautier - Troisième abbé (début XIIIe) |
Consacre l’église abbatiale en 1214. |
| Armand Jean Le Bouthillier de Rancé - Réformateur trappiste (1664–1700) |
Auteur de la Stricte Observance. |
| Augustin de Lestrange - Maître des novices (fin XVIIIe) |
Organise l’exil des moines en 1791. |
| Mathilde du Perche - Épouse de Rotrou III |
Morte dans la Blanche-Nef (1120). |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame de la Trappe, initialement appelée Grande-Trappe, fut fondée au XIIe siècle à Soligny-la-Trappe (Orne) par Rotrou III le Grand, comte du Perche, en mémoire de son épouse Mathilde, morte dans le naufrage de la Blanche-Nef (1120). Les premiers moines, issus de l’abbaye du Breuil-Benoît (congrégation de Savigny), s’y installèrent en 1140. L’abbaye adopta la règle cistercienne en 1147 et connut un essor spirituel et matériel sous l’abbatiat d’Adam Gautier, avec la consécration de son église abbatiale en 1214. Elle fonda aussi une abbaye-fille féminine, les Clairets, en 1215.
La guerre de Cent Ans (XIVe–XVe siècles) marqua un déclin : pillages, incendies et exils forcés (comme au château de Bonsmoulins vers 1360). Au XVIe siècle, le régime de la commende fut imposé par François Ier (1527), détournant l’abbaye de sa vocation religieuse. Jean du Bellay, premier abbé commendataire, cumula six abbayes, illustrant la décadence monastique de l’époque.
La refondation de la Trappe au XVIIe siècle fut l’œuvre d’Armand Jean Le Bouthillier de Rancé, abbé commendataire devenu régulier en 1664. Il instaura la Stricte Observance (ou réforme trappiste), attirant des vocations et relançant la vie monastique. Malgré l’opposition de Cîteaux et de Louis XIV, la Trappe devint le berceau d’un nouvel ordre cistercien, exporté en Europe après la Révolution. Fermée en 1790, pillée et partiellement détruite, l’abbaye fut restaurée par les moines exilés en 1814, après des péréginations en Suisse, Russie et Allemagne.
Les bâtiments actuels, reconstruits vers 1890, conservent peu de traces médiévales, à l’exception de la salle des hôtes (XIIIe siècle), classée Monument Historique en 1975. Cette salle gothique, en silex et grison, avec ses deux nefs voûtées, témoigne de l’architecture cistercienne primitive. Aujourd’hui, l’abbaye reste un monastère en activité, symbole de la spiritualité trappiste, et propose même une bière artisanale (Hercelin) depuis 2025, inspirée d’une ancienne recette monastique.