Couvent de la Trappe à Soligny-la-Trappe dans l'Orne
Couvent de la Trappe
61380 Soligny-la-Trappe
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Propriété d'une association
Frise chronologique
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1147
Intégration cistercienne
Intégration cistercienne 1147 (≈ 1147)
L'abbaye rejoint l'ordre cistercien après sa fondation initiale.
27 avril 1214
Consécration de l'église
Consécration de l'église 27 avril 1214 (≈ 1214)
L'église abbatiale est achevée et consacrée sous l'abbatiat d'Adam Gautier.
XIIIe siècle
Développement monastique
Développement monastique XIIIe siècle (≈ 1350)
Période de développement et de protection par le Saint-Siège.
1527
Début de la commende
Début de la commende 1527 (≈ 1527)
La pratique de la commende est imposée, affaiblissant la vie monastique.
XVIIe siècle
Réforme trappiste
Réforme trappiste XVIIe siècle (≈ 1750)
Armand Jean Le Bouthillier de Rancé restaure la communauté et institue la Stricte Observance.
1814
Retour des religieux
Retour des religieux 1814 (≈ 1814)
Début de la réinstallation de la communauté après l'exil dû à la Révolution.
1871
Incendie et reconstruction
Incendie et reconstruction 1871 (≈ 1871)
Un incendie détruit une partie des bâtiments, menant à une reconstruction vers 1890.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancien bâtiment des hôtes (cad. H 35) : classement par arrêté du 18 juillet 1975
Personnages clés
Rotrou III le Grand
Fondateur de l'abbaye Notre-Dame de la Trappe.
Adam Gautier
Abbé sous lequel l'église abbatiale est achevée et consacrée.
Armand Jean Le Bouthillier de Rancé
Abbé réformateur ayant instauré la Stricte Observance au XVIIe siècle.
Origine et histoire
L'abbaye Notre‑Dame de la Trappe, située à Soligny‑la‑Trappe dans l'Orne, a été fondée par Rotrou III le Grand. Née au sein de la congrégation de Savigny, elle rejoint l'ordre cistercien en 1147. Le monastère se développe jusqu'au milieu du XIIIe siècle et reçoit la protection directe du Saint‑Siège par trois bulles. Sous l'abbatiat d'Adam Gautier, l'église abbatiale est achevée et consacrée le 27 avril 1214. Au Moyen Âge l'abbaye connaît des périodes de prospérité mais aussi des destructions : pendant la guerre de Cent Ans les moines doivent parfois s'éloigner et le monastère subit pillages et incendies, suivis de reconstructions. À la Renaissance commence la pratique de la commende, imposée aux religieux en 1527, ce qui affaiblit la vie monastique. Au XVIIe siècle l'abbé Armand Jean Le Bouthillier de Rancé restaure la communauté et institue la réforme dite de la Stricte Observance, à l'origine du mouvement trappiste. Lors de la Révolution, la communauté est contrainte à l'exil, l'abbaye est vendue comme bien national, pillée et en grande partie démolie ; des religieux sont emprisonnés ou exécutés. Des exilés s'établissent en Suisse et, après la Restauration, en 1814 une démarche est entreprise pour permettre le retour et la réinstallation de la communauté à la Trappe. L'abbaye est reconstituée au XIXe siècle ; un incendie détruit une partie des bâtiments en 1871 et la plupart des édifices actuels datent de la reconstruction menée vers 1890. Il subsiste toutefois quelques constructions du XVIIe siècle dans la première cour d'entrée ainsi que la salle des hôtes du XIIIe siècle. L'abbaye occupe la vallée de l'Itonne, au pied du versant occidental du petit plateau boisé du Perche, et est bordée à l'est et au sud par des étangs creusés par les moines, nommés Robin, Dais, de Chaumont et de Rancé. Son église présente une orientation inhabituelle, tournée vers le nord‑est d'environ soixante degrés. Le nom de « Trappe » fait l'objet de diverses interprétations étymologiques (latine, celtique, germanique) ; l'hypothèse d'une origine germanique, rapprochant le terme de l'allemand Treppe, est considérée comme la plus probable. Sur le plan architectural, des maçonneries en rognons de silex avec chaînages en grisons caractérisent l'extérieur. À l'intérieur, la grande salle basse voûtée comporte deux nefs de quatre travées ; la cuisine, en appentis sur le flanc nord, était déjà accolée au bâtiment à l'origine et le dortoir des hôtes se trouvait à l'étage. La charpente remonte également au Moyen Âge, et cette salle figure parmi les plus vastes salles gothiques conservées dans le département, au même titre que la crypte de Toussaint de Mortagne. Aujourd'hui l'abbaye demeure un monastère en activité et a profondément marqué l'histoire de la Stricte Observance trappiste.