Origine et histoire du Couvent de la Visitation-Sainte-Marie
Le couvent de la Visitation d’Amiens fut construit entre 1839 et 1841 par l’architecte diocésain Jean Herbault pour les religieuses visitandines, dans le cadre de l’expansion urbaine du quartier d’Henriville. Acquis sur un terrain rue Saint-Fuscien, il intégrait des bâtiments préexistants et fut agrandi entre 1844 et 1865 (ferme, pensionnat, infirmerie, mur de clôture). La communauté, exilée en Belgique en 1904 après la loi sur les congrégations, laissa place à un grand séminaire jusqu’en 1962, transformé en hôpital militaire durant les deux guerres mondiales.
La chapelle, de plan en équerre avec deux nefs perpendiculaires et une coupole ornée, illustre l’influence néoclassique. Le couvent, classé monument historique en 2009, abrite depuis 1977 les Archives départementales de la Somme et, depuis 1986, la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC). Le parc public, aménagé dans l’ancien jardin conventuel, conserve des arbres du XIXe siècle et une aire de jeux.
Les bâtiments, en brique et ardoise, organisés autour d’un cloître vitré, reflètent la vie monastique originelle : réfectoire transformé en salle de lecture, galeries desservant les espaces communautaires. L’architecte Herbault y adapta le plan traditionnel des visitandines (inspiré d’Annecy), avec une répartition fonctionnelle des espaces (pensionnat, ferme, infirmerie). Les transformations ultérieures (séminaire, archives) préservèrent cette structure, offrant un exemple rare de couvent du XIXe siècle intact.
La restauration menée à partir de 1975 par Claude Aureau permit de conserver les décors intérieurs, comme les peintures de la coupole ou les dallages en marbre. Le site, propriété partagée entre la commune, le département et l’État, témoigne à la fois de l’histoire religieuse amiénoise, de l’urbanisme hausmannien provincial, et de la réaffectation patrimoniale des monuments conventuels.