Origine et histoire du Couvent des Annonciades
Le couvent des Annonciades de Bordeaux, fondé en 1520 par Jacquette Andron de Lansac, est l’un des rares cloîtres Renaissance conservés en Aquitaine. Il suit la règle établie par Jeanne de France (1464-1505) et accueille initialement sept religieuses venues d’Albi. La chapelle, construite entre 1520 et 1532, est bénie en 1521. Jacquette de Lansac, devenue veuve, finance les travaux et souhaite y être enterrée, mais son tombeau ne sera jamais installé en raison des troubles des Guerres de Religion.
En 1575, le couvent accueille les Clarisses, exilées après la destruction de leur monastère. Au XVIIe siècle, après des scandales et un relâchement de la règle, le cardinal de Sourdis impose la clôture en 1604. Le couvent est supprimé en 1792 pendant la Révolution, puis transformé en salpêtrière. En 1808, il est racheté par Marie-Thérèse-Charlotte de Lamourous pour devenir la Maison de la Miséricorde, un refuge pour femmes repenties, accueillant jusqu’à 400 pensionnaires au XIXe siècle.
Classée monument historique en 1974, la chapelle et une partie du cloître sont préservées. Depuis 1995, le site abrite la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) de Nouvelle-Aquitaine. Le cloître, de style Renaissance avec des chapiteaux sculptés, et la chapelle, ornée de blasons des familles de Lansac et Pons, témoignent de son riche passé. Des fouilles archéologiques en 1991 ont révélé des vestiges des cuisines et du réfectoire, ainsi que des objets du XVIe au XVIIIe siècle.
La Mise au tombeau du Christ, sculptée entre 1526 et 1530 et probablement offerte par Jacquette de Lansac, est une œuvre majeure du couvent. Elle présente une composition proche de celle du château de Biron, aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art. Les clés de voûte, ornées des armoiries des familles fondatrices, et les galeries du cloître, décorées de motifs végétaux et d’animaux fantastiques, illustrent l’influence du style roman régional.
L’architecture du couvent, marquée par des campagnes de construction aux XVIe et XVIIe siècles, mêle des éléments Renaissance et des ajouts ultérieurs. Le portail monumental, datant de 1774, et les vitraux du XIXe siècle dans l’abside complètent ce patrimoine. Après sa reconversion en DRAC, le site allie patrimoine historique et modernité, avec des extensions contemporaines en métal, verre et bois.