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Couvent des Bernardines de La Roche-sur-Foron en Haute-Savoie

Patrimoine classé Patrimoine religieux Couvent

Couvent des Bernardines de La Roche-sur-Foron

    86 Faubourg Saint-Bernard
    74800 La Roche-sur-Foron
Propriété d'une association
Couvent des Bernardines de La Roche-sur-Foron
Couvent des Bernardines de La Roche-sur-Foron
Couvent des Bernardines de La Roche-sur-Foron
Couvent des Bernardines de La Roche-sur-Foron
Crédit photo : Sissssou - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1626
Fondation du couvent
1670
Déménagement au faubourg Saint-Bernard
1726
Achèvement du retable baroque
1752
Fusion avec les Bernardines d’Annecy
1793
Fermeture révolutionnaire
1807
Ouverture du Petit-Séminaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle ; façades du XVIIIe siècle de la cour Est (cad. AE 352) : inscription par arrêté du 21 décembre 1984

Personnages clés

Louise de Ballon - Religieuse réformatrice Fondatrice du mouvement, cousine de François de Sales.
Anne-Gasparde de Ballon - Première supérieure (1626-1630) Dirigea le couvent à ses débuts au château du Saix.
Jeanne-Claude de Limojon - Abbesse (1637-1653) Fonda les couvents d’Annecy et de Cuers.
Marie-Bonaventure Michely - Abbesse (1704-1742) Fit achever l’église en 1728 pendant 38 ans.
Abbé de Thiollaz - Vicaire général de Genève Racheta le couvent en 1807 pour le séminaire.

Origine et histoire

Le couvent des Bernardines de La Roche-sur-Foron trouve ses origines en 1626, lorsque Louise de Ballon, religieuse réformatrice, achète le château du Saix pour y installer sa sœur, Anne-Gasparde. Les Bernardines, confrontées à l’exiguïté des lieux, font construire un nouveau monastère dans le faubourg Saint-Bernard en 1670. Le couvent, soutenu par des subsides royaux, accueille jusqu’à 36 religieuses et se consacre à l’éducation des jeunes filles nobles de la région, tout en subissant des difficultés financières aggravées par les occupations militaires françaises de 1690 et 1703-1714.

Au XVIIIe siècle, le couvent connaît une période de reconstruction, notamment grâce à une quête nationale permettant d’édifier une église dorique et de réparer les bâtiments menaçants ruine. En 1752, les Bernardines d’Annecy, dont le monastère est en pauvreté, rejoignent La Roche-sur-Foron après la vente de leurs biens. Cependant, la Révolution française met fin à leur présence : le couvent est déclaré bien national en 1793, puis racheté en 1807 pour devenir le Petit-Séminaire Sainte-Marie.

L’architecture du couvent, aujourd’hui intégrée au collège Sainte-Marie, se distingue par son retable baroque de 1726 et ses façades du XVIIIe siècle, classées monuments historiques en 1984. Le site conserve également des traces de son passé agricole, avec des dépendances dispersées dans les communes voisines (Amancy, Etaux, Ayse). Les Bernardines de La Roche ont essaimé en fondant d’autres couvents, comme ceux de Toulon (1637), Annecy (1639) et Fréjus.

Les abbesses ont joué un rôle clé dans l’histoire du couvent, à l’image de Marie-Bonaventure Michely, qui dirigea la communauté pendant 38 ans et fit achever l’église en 1728, ou de Jeanne-Claude de Limojon, fondatrice des couvents d’Annecy et de Cuers. La clôture du monastère en 1793 marque la fin de trois siècles de vie religieuse, avant sa transformation en établissement scolaire.

Le couvent illustre les défis des communautés religieuses savoyardes, entre réformes spirituelles, précarité économique et adaptations politiques. Son héritage perdure à travers les bâtiments préservés et les archives, témoignant de son importance dans l’éducation et la vie locale sous l’Ancien Régime.

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