Frise chronologique
1605
Fondation du carmel
Fondation du carmel
1605 (≈ 1605)
Création par Anne de Saint-Barthélemy et Madame Acarie.
1610
Installation définitive
Installation définitive
1610 (≈ 1610)
Transfert rue Pierre-Butin avec appui de Marillac.
1618
Mort de Madame Acarie
Mort de Madame Acarie
1618 (≈ 1618)
Décès en odeur de sainteté.
1792
Expulsion des religieuses
Expulsion des religieuses
1792 (≈ 1792)
Sécularisation sous la Révolution.
1821
Rétablissement du couvent
Rétablissement du couvent
1821 (≈ 1821)
Retour des carmélites après rachat.
1986 et 2002
Classement monument historique
Classement monument historique
1986 et 2002 (≈ 2002)
Protection des façades, jardins et intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures, le sol du jardin, les murs de clôture, l'ancien rempart, les cellules de Madame Acarie et de Mère Marie du Saint-Sacrement, les escaliers (cad. AK 526, 554) : inscription par arrêté du 12 juin 1986 - L'ermitage Saint-Joseph (cad. AK 855) : inscription par arrêté du 30 septembre 2002
Personnages clés
| Anne de Saint-Barthélemy - Religieuse espagnole |
Compagne de sainte Thérèse, première prieure. |
| Madame Acarie (Marie de l'Incarnation) - Fondatrice des carmels en France |
Morte au couvent en 1618, mausolée sur place. |
| Michel de Marillac - Garde des Sceaux |
Facilita l'installation en 1610. |
| Jeanne de Jésus - Prieure influente |
Sœur du chancelier Séguier, actrice de la réforme. |
| Marie de Médicis - Reine de France |
Protectrice du couvent avec Anne d'Autriche. |
| Francesco Bordoni - Sculpteur italien |
Auteur du mausolée de Madame Acarie (1626). |
Origine et histoire
Le carmel de Pontoise, placé sous le vocable de Saint-Joseph, a été fondé en 1605 par des religieuses espagnoles, dont Anne de Saint-Barthélemy, compagne de sainte Thérèse d'Avila. Il s'agit du deuxième carmel thérésien établi en France, après celui de Paris, et du plus ancien encore en activité aujourd'hui. Les premières sœurs s'installèrent provisoirement dans des maisons de la rue du Soleil (actuelle rue Marcel-Rousier), avant de s'établir définitivement en 1610 dans les bâtiments actuels de la rue Pierre-Butin, grâce à l'appui de Michel de Marillac et de Madame Acarie, fondatrice de l'ordre en France.
Le couvent devint un lieu de rayonnement spirituel majeur, accueillant des figures comme Marie de l'Incarnation (Madame Acarie), qui y mourut en 1618. Son mausolée, commandé en 1626 à Francesco Bordoni, est toujours visible dans l'église du carmel. Le monastère bénéficia de la protection de reines comme Marie de Médicis et Anne d'Autriche, qui y firent plusieurs visites avec le jeune Louis XIV. Les prieures, dont Jeanne de Jésus (sœur du chancelier Séguier), jouèrent un rôle clé dans la réforme catholique en France.
Durant la Révolution, le couvent fut sécularisé : ses biens furent vendus en 1791-1792, et les religieuses expulsées en 1792. Les bâtiments, transformés en prison, grenier à blé ou manufacture, furent rachetés par la ville en 1818 puis restitués aux carmélites en 1820. La vie conventuelle y fut rétablie en 1821, et les reliques de Madame Acarie y revinrent en 1822. Malgré des menaces d'expulsion en 1901 et 1936, le carmel reste actif aujourd’hui, avec une communauté d’une douzaine de religieuses en 2010.
Le site, inscrit aux monuments historiques en 1986 et 2002, conserve des éléments remarquables : façades, toitures, jardins, murs de clôture, cellules historiques (comme celle de Madame Acarie), et un ermitage Saint-Joseph décoré dans les années 1930. L’église, ouverte au public, abrite sept objets classés, dont des broderies du XVIIe siècle attribuées à Madame Acarie et des tableaux religieux des XVIIe et XVIIIe siècles. La cour extérieure, accessible en journée, propose une boutique de produits artisanaux fabriqués par les sœurs.