Frise chronologique
1402
Début de la construction
Début de la construction
1402 (≈ 1402)
L'église est commencée sous Louis II.
1410
Mort de Louis II
Mort de Louis II
1410 (≈ 1410)
Monastère fondé mais église inachevée.
1428
Projet de nécropole abandonnée
Projet de nécropole abandonnée
1428 (≈ 1428)
Charles de Clermont renonce à en faire un lieu d'inhumation ducal.
1568, 1576, 1590
Destructions pendant les guerres de Religion
Destructions pendant les guerres de Religion
1568, 1576, 1590 (≈ 1590)
Attaques par des troupes protestantes et royales.
1778
Suppression du couvent
Suppression du couvent
1778 (≈ 1778)
Biens transférés à l'évêque de Clermont.
1927
Classement monument historique
Classement monument historique
1927 (≈ 1927)
Inscription du dernier bâtiment subsistant.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le pignon du 15s : inscription par arrêté du 24 janvier 1927
Personnages clés
| Louis II de Bourbon - Duc de Bourbon et fondateur |
Initiateur de la construction en 1402. |
| Jeanne de Bourbon - Sœur de Louis II |
Épouse de Charles V, soutint le projet. |
| Charles, comte de Clermont - Petit-fils de Louis II |
Envisagea une nécropole ducale en 1428. |
| Pierre de Bourbon - Premier comte de Busset |
Associé à la tradition locale de la Cène. |
Origine et histoire
Le couvent des Célestins de Vichy fut fondé au début du XVe siècle par le duc Louis II de Bourbon, membre d’une famille proche de la royauté française. L’église, dont la construction débuta en 1402, ne fut pas achevée à la mort du duc en 1410, mais le monastère était déjà établi. Ce projet bénéficiait du soutien de Jeanne de Bourbon, sœur de Louis II et épouse du roi Charles V. Bien que Louis II ait envisagé d’y terminer ses jours, il ne prévoyait pas d’y être enterré. Son petit-fils, Charles, comte de Clermont, envisagea en 1428 d’en faire la nécropole ducale, mais y renonça finalement.
Le couvent connut plusieurs destructions pendant les guerres de Religion : en 1568 par des troupes protestantes du Forez, en 1576 par les armées du prince de Condé et de Jean Casimir, puis en 1590 sous Henri IV. Malgré ces ravages, il retrouva une période de prospérité aux XVIIe et XVIIIe siècles, grâce à des dons de l’aristocratie bourbonnaise et des exemptions royales. Les moines y menaient une vie éloignée des principes ascétiques initiaux de l’ordre, dans un ensemble entouré de jardins et de domaines.
En 1778, Louis XV supprima le couvent, et ses biens furent transférés à l’évêque de Clermont, qui versa une pension aux derniers moines. Sous la Révolution, la plupart des bâtiments furent démolis, et leurs matériaux vendus. Seul un logis, occupé par un jardinier, échappa à la destruction. Ce bâtiment, de style bourbonnais du XVe siècle, fut inscrit comme monument historique en 1927. Aujourd’hui, il se dresse dans le parc des Célestins, près de la source éponyme, qui donna son nom à la marque d’eau minérale Vichy Célestins.
Une tradition locale rapportait qu’au Jeudi saint, treize pauvres représentaient les apôtres lors d’une célébration de la Cène. Celui tiré au sort pour incarner Judas était poursuivi et frappé dans les rues avant de trouver refuge dans le réfectoire du couvent, où un repas l’attendait. Cette coutume, attribuée à Pierre de Bourbon, premier comte de Busset, illustre le rôle social et symbolique du couvent dans la cité.
Le couvent était stratégiquement situé sur une terrasse dominant l’Allier, au sud du Vieux Vichy et du Castel franc. Son emplacement actuel, dans le parc des Célestins, le place entre le quartier historique et le pôle universitaire Lardy. La source minérale, en contrebas, et les noms de lieux voisins (avenue des Célestins, collège, spa) perpétuent sa mémoire dans la ville.