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Couvent des Clarisses de Roubaix dans le Nord

Patrimoine classé Patrimoine religieux Couvent

Couvent des Clarisses de Roubaix

  • Allée des Clarisses
  • 59100 Roubaix
Couvent des Clarisses de Roubaix
Couvent des Clarisses de Roubaix
Couvent des Clarisses de Roubaix
Couvent des Clarisses de Roubaix
Couvent des Clarisses de Roubaix
Crédit photo : Claudine Lebovic - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
59100 Roubaix, Allée des Clarisses

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1857
Vœu d'Henri Desclée
1874–1876
Construction du couvent
juin 1876
Arrivée des clarisses
octobre 1877
Ouverture de l’école Sainte-Claire
1903
Expulsion par les lois anticléricales
1923
Retour des clarisses
1935
Fondation au Tonkin
2008
Départ définitif des clarisses
2010
Inscription aux Monuments Historiques
2019
Projet *Saisons Zéro*
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le couvent et l'école, en totalité, avec leurs murs de clôture (cad. KY 116, 117) : inscription par arrêté du 30 décembre 2010

Personnages clés

Henri Desclée - Industriel et mécène Fonda le couvent après un vœu en 1857.
Jean-Baptiste Béthune - Architecte belge Conçut le couvent et l’église Saint-Joseph.
Jules Masurel - Industriel roubaisien Racheta le couvent en 1906.
Guillaume Delbar - Maire de Roubaix (2016) Lança le projet d’économie circulaire.

Origine et histoire du Couvent des Clarisses

Le couvent des Clarisses de Roubaix fut fondé à l’initiative de l’industriel Henri Desclée (1802–1873), pionnier du gaz d’éclairage, après un vœu formulé en 1857 pour remercier d’avoir évité un accident dans son usine. Le projet, financé principalement par sa fille et des actionnaires, fut confié à l’architecte Jean-Baptiste Béthune, futur concepteur de l’église Saint-Joseph. Construite entre 1874 et 1876, l’école Sainte-Claire — destinée aux filles du quartier de l’Épeule, alors dépourvu d’établissement scolaire — ouvrit ses portes en octobre 1877 sous la direction de trois sœurs externes, tandis que six clarisses cloîtrées s’installaient dans le couvent dès juin 1876, en provenance de Tournai.

La communauté connut des tensions avec les lois anticléricales : une première menace d’expulsion en 1880 fut évitée grâce aux protestations locales, mais les religieuses furent définitivement chassées en 1903 par les lois Waldeck-Rousseau. Elles se réfugièrent en Belgique, tandis que l’État confisquait les lieux. Rachat en 1906 par l’industriel Jules Masurel, le couvent devint une école technique, et les clarisses purent revenir en 1923. Leur communauté crut jusqu’à 87 sœurs dans l’entre-deux-guerres, avec une fondation au Tonkin en 1935, avant un déclin progressif aboutissant à leur départ définitif en mai 2008.

L’ensemble, inscrit aux Monuments Historiques depuis 2010, fut acquis par la ville de Roubaix en 2009. Après un appel à projets en 2019, le collectif Zerm et l’association Yes We Camp y développèrent Saisons Zéro, un laboratoire d’écologie appliquée et de réhabilitation patrimoniale. La chapelle, quant à elle, accueille désormais conférences et ateliers. L’architecture néogothique en briques, avec son cloître centré sur une statue de saint François, son école attenante et ses décors de briques vernissées, témoigne de l’influence belge et de l’histoire industrielle roubaisienne.

Les clarisses marquèrent durablement la vie locale : leur école, fréquentée par jusqu’à 400 élèves en 1901, devint un symbole du syndicalisme chrétien. Leur héritage perdure à travers la réinvention contemporaine du site, mêlant mémoire religieuse, patrimoine architectural et innovation écologique.

Liens externes

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