Origine et histoire du Couvent des Cordeliers
Le couvent des Cordeliers est un édifice implanté à Dijon, en Côte-d'Or, en région Bourgogne-Franche-Comté. Fondé en 1243 sur un terrain donné par un bourgeois nommé Aubin, il s'élevait le long de la rue Saint-Pierre (rue Pasteur). À cet emplacement se succédèrent deux petites églises, l'une en 1318 puis une seconde en 1334 dédiée à Notre-Dame, qui devint plus tard le chœur de l'église que les frères mineurs firent bâtir dans les années 1370 grâce aux indulgences. L'église des Cordeliers possédait un clocher à quatre pans dont les angles étaient soutenus par des piliers en contrefort ; la tour, divisée en quatre étages percés de fenêtres ogivales, était surmontée d'une galerie gothique et d'une flèche à toiture octogonale. Elle était renommée pour ses vitraux et ses somptueux tombeaux sculptés où reposaient de nombreuses personnalités de la noblesse royale, parmi lesquelles Blanche de Bourgogne et sa fille Jeanne de Savoie. Mal construite, l'édifice dut être réparé une première fois en 1421. Après l'effondrement de la voûte en 1650, il fut presque entièrement rebâti d'après des plans de l'architecte Jean Braconnier, et la nouvelle église fut consacrée le 18 août 1680 par l'évêque de Chalon. Pendant la Révolution, en avril 1790, la quasi-totalité des monuments funéraires des notables dijonnais fut détruite ; les religieux franciscains furent chassés et leur riche patrimoine confisqué, comprenant 72 tableaux, une statue de la Vierge en argent et une bibliothèque de 2 500 livres. Le couvent du XIIIe siècle, son cloître du XVIIe siècle, l'église et le grenier à sel attenant furent vendus comme biens nationaux et partiellement rasés lors du percement de la rue Franklin et de la rue Turgot en 1791. De l'église, qui devait mesurer 150 pieds de longueur et 57 pieds de hauteur, ne subsistaient que des ruines d'anciennes chapelles latérales, finalement abattues en février 1869. En 1860, les Dominicains rachetèrent les restes de l'ancien couvent et lui redonnèrent sa vocation religieuse ; la communauté des Frères prêcheurs y demeura jusqu'en 2002. Depuis, le site a été entièrement réhabilité par un groupe hôtelier. Outre son intérêt patrimonial, le couvent joua un rôle dans la vie publique dijonnaise sous l'Ancien Régime : à partir de 1602 et pendant près d'un siècle, les élus des États de Bourgogne tinrent séance tous les trois ans dans la grande salle du réfectoire du couvent. Plusieurs membres de la noblesse de robe y furent inhumés ; on peut aujourd'hui voir au Musée des Beaux-Arts de Dijon la sculpture funéraire réalisée par Jean Dubois représentant Georges Joly, qui se trouvait jadis dans la chapelle des Joly de Blaisy. Les Cordeliers étaient appréciés pour la qualité de leur enseignement et pour l'action permanente du Tiers-Ordre franciscain à Dijon jusqu'au XVIIIe siècle. Les vestiges de l'ancienne église et du cloître, le bâtiment contenant l'ancien réfectoire (actuellement église), le bâtiment du XVIIIe siècle au sud du cloître et le bâtiment du XIIIe siècle à l'est du cloître ont été inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 6 mars 1946. Après rénovation en 2015 sous la direction des architectes des Monuments historiques, dont François Chatillon, l'hôtel Les Cordeliers, appartenant au groupe Odalys Vacances, s'est installé sur le site ; le cloître est éventuellement ouvert au public.