Origine et histoire du Couvent des Cordeliers
Le couvent des Cordeliers, situé à Dinan dans les Côtes-d'Armor, est un monument religieux datant du XIIIe siècle, bâti par Henri d'Avaugour, seigneur de Dinan. Les Franciscains s'y installent entre 1247 et 1249. En 1278, Henri d'Avaugour prit l'habit et fut enterré dans l'établissement, qui fut édifié sur les ruines d'un château de la famille d'Avaugour à la suite d'un vœu formulé en Terre sainte ; son fils Alain II d'Avaugour poursuivit les travaux. La communauté passa d'une dizaine de frères à une trentaine aux XVe et XVIe siècles. Placé sous le patronage de Notre-Dame des Vertus, le couvent fut construit en 1251. Au XIVe siècle, Charles de Blois fit de nombreux dons qui permirent l'édification de nouvelles salles, de cloîtres et l'acquisition de peintures et tapisseries ; l'une de ces peintures donna lieu à un miracle rapporté, rappelé aujourd'hui par un vitrail de la chapelle. Dans la seconde moitié du XIVe siècle et au XVe siècle, des travaux importants élevèrent un porche monumental orné de pilastres et coiffé de cordelières, couronné d'une galerie de niches à statues. Le grand cloître, bordé d'un vaste déambulatoire, desservait les salles capitulaires qui ont accueilli les États de Bretagne. Prospère jusqu'au XVIIIe siècle, le couvent ne comptait plus que sept religieux au moment de la Révolution ; il fut fermé en 1791 puis vendu comme bien national. Après la Révolution, l'abbé Berthier s'installa dans l'ancien monastère pour y reprendre la tradition du collège ecclésiastique en 1804 et en racheta les bâtiments en 1807. Depuis 1804, l'édifice abrite un établissement d'enseignement privé catholique regroupant un collège et un lycée, aujourd'hui nommé collège-lycée privé catholique des Cordeliers. En 1904, le supérieur abbé Le Fer de la Motte fit bénir une nouvelle chapelle, puis l'application de la loi de séparation de l'Église et de l'État en 1907 entraîna l'expulsion. Le rachat des bâtiments sous le supériorat du chanoine Meinser intervint en 1933, suivi de grands travaux de restauration en 1934-1935. Au XXe siècle furent construits le bâtiment Saint-Joseph en 1956 et le bâtiment Notre-Dame en 1961, et d'importantes rénovations eurent lieu en 1989 (internat, cuisines, CDI, laboratoires, mise aux normes, création d'un laboratoire de langues et d'un espace multimédia). Le mobilier liturgique en argent comprend sept calices, deux croix, quatre chandeliers, un bénitier avec son goupillon, un encensoir avec sa navette, deux ostensoirs, deux ciboires, deux burettes avec leurs plateaux, une lampe de petite taille et un reliquaire. Parmi les anciens élèves figurent le corsaire et armateur Robert Surcouf ; l'écrivain et homme politique François-René de Chateaubriand (élève du collège des Laurents devenu collège des Cordeliers) ; le prélat Eugène Le Fer de La Motte ; l'écrivain Charles Poirier dit Jean Cordelier ; le réalisateur Jean Grémillon ; l'homme politique Constant Monjaret ; le résistant Michel le Prévost ; le Dr Yves Cotrel, inventeur de l'instrumentation Cotrel-Dubousset ; Olivier Gabet, conservateur général du patrimoine ; et Hervé Berville, député puis secrétaire d'État à la mer. Le portail du couvent est classé monument historique depuis 1930.