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Couvent des Cordeliers de Lectoure dans le Gers

Patrimoine classé Patrimoine religieux Couvent

Couvent des Cordeliers de Lectoure

    108 Rue Nationale
    32700 Lectoure
Propriété d'une société privée
Crédit photo : Morburre - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1487
Fondation attestée
1695
Communauté active
1789-1799
Vente comme bien national
1823
Construction de la prison
1826-1926
Période carcérale
1999
Classement MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Vestiges de l'église de l'ancien couvent et ancienne maison d'arrêt (cad. CK 51) : inscription par arrêté du 26 mai 1999

Personnages clés

Eugène Camoreyt - Dessinateur A documenté le portail avant modifications.
Cordelier anonyme - Confesseur des Carmélites Lien avec le couvent voisin.

Origine et histoire

Le couvent des Cordeliers de Lectoure, fondé à la fin du XVe siècle, est attesté dès 1487. Il comprenait une église, un cloître, une grande maison et un jardin, situé entre la maison commune (future halle aux grains) et le collège des Doctrinaires. En 1695, la communauté comptait cinq pères, un frère et un novice, avec un Cordelier servant de confesseur aux Carmélites voisines. À la Révolution, ses biens furent vendus comme biens nationaux, et l’église, rachetée plus tard par la ville, servit brièvement de place aux grains avant d’accueillir une prison de 1826 à 1926.

L’église, orientée nord-sud, mesurait 40 mètres de long et présentait des murs élevés avec des fenêtres murées et des enfeus. Son portail gothique, orné de chapiteaux à feuillages et animaux fantastiques, fut modifié au XIXe siècle par l’ajout d’un mur épais et d’une porte de prison. La nef, partiellement conservée, abritait une rose murée et un arc brisé remplacé par un arc en plein cintre lors de la construction carcérale. Après 1926, le site fut occupé par la Croix-Rouge, puis une maison des jeunes, avant de devenir une propriété privée.

Les bâtiments conventuels et le cloître ont disparu, ne laissant visible que le portail dégradé, rue Nationale. Les vestiges de l’église et de l’ancienne prison, classés en 1999, témoignent de cette double histoire religieuse et pénitentiaire. Le site illustre les transformations urbaines de Lectoure, entre héritage médiéval, réutilisations modernes et préservation patrimoniale tardive.

La prison, construite en 1825-1826 dans la nef, était un édifice sobre mais soigné, avec des voûtes d’arête et un escalier en bois. Elle fonctionna un siècle avant d’être désaffectée. Le fond de la nef servait de cour, tandis que l’entrée s’appuyait sur l’ancienne muraille. Ce lieu reflète les adaptations architecturales liées aux besoins carcéraux du XIXe siècle.

Les sources historiques, comme les dessins d’Eugène Camoreyt, montrent l’évolution du portail, notamment la disparition du tympan original et l’ajout d’une fenêtre banale. La nef, probablement couverte en charpente (sauf le chœur voûté), conserve des traces de son usage religieux, malgré les modifications ultérieures. Aujourd’hui, ces vestiges offrent un témoignage rare de l’histoire religieuse et judiciaire de Lectoure.

Liens externes