Origine et histoire du Couvent des Dominicains
Le couvent des Dominicains de Colmar, aussi appelé église des Dominicains, est un monument historique situé dans le Haut-Rhin, à Colmar. Fondé en 1289 par l'ordre des Prêcheurs (Dominicains), arrivés dans la ville vers 1260, il se compose d'une église et d'un cloître. Le chœur de l'église est construit avant 1300, tandis que la nef, commencée au début du XIVe siècle, est achevée en 1346. Le cloître, partie la plus ancienne, date du XIIIe siècle mais subit un incendie en 1458. Les bâtiments conventuels, élevés vers 1300, sont reconstruits au XVIIIe siècle.
À la Révolution française, l'édifice devient un magasin d'artillerie, puis est racheté par la ville en 1807 pour servir de halle aux blés. Il est rendu au culte en 1898. L'église abrite des œuvres majeures comme La Vierge au buisson de roses, retable peint par Martin Schongauer en 1473, ainsi que des vitraux du XIVe siècle illustrant la vie du Christ. Les peintures murales du cloître, datant de la fin du XVe siècle, représentent le cycle de la Passion.
Les bâtiments conventuels, transformés en caserne de gendarmerie de 1795 à 1871, abritent ensuite l'école préparatoire d'instituteurs de 1873 à 1940. Depuis 1951, ils accueillent la bibliothèque municipale de Colmar. Le couvent et son église sont classés monuments historiques depuis le 2 novembre 1948, soulignant leur importance patrimoniale et artistique.
L'architecture de l'église se distingue par un chœur voûté de cinq travées, une abside octogonale et une nef à six travées. Les colonnes, dépourvues de chapiteaux, supportent un plafond de bois, créant un intérieur sobre mais lumineux. Le cloître, aux arcades simples, s'organise autour d'un rectangle irrégulier. Ces éléments reflètent l'austérité et la spiritualité de l'ordre dominicain.
Le couvent illustre les transformations successives d'un édifice religieux : lieu de culte médiéval, bâtiment militaire révolutionnaire, espace culturel et éducatif moderne. Son histoire est marquée par des adaptations continues, tout en préservant des trésors artistiques comme les vitraux et le retable de Schongauer, témoins de son passé prestigieux.