Origine et histoire du Couvent des Dominicains
Le couvent des Dominicains de Guebwiller, situé dans le Haut-Rhin, fut fondé en 1294 lorsque les Dominicains acquirent la maison de douane de la ville et ses dépendances. Soutenus par l’abbé Bertold de Falkenstein, les moines s’y installèrent le dimanche des Rameaux 1294. La construction de la nef de l’église débuta en 1306, suivie du chœur, achevé en 1322. Les bâtiments conventuels, probablement terminés vers 1339, furent profondément modifiés après la réforme du couvent en 1461, bien que l’église conservât son aspect d’origine.
Au fil des siècles, le couvent subit pillages et incendies, notamment pendant les guerres des XVIe et XVIIe siècles, mais la communauté survécut jusqu’à la Révolution française. Après 1789, les lieux furent détournés de leur usage religieux : l’église servit d’écurie en 1814, puis de dépôt pour une teinturerie en 1826. En 1836, l’industriel Jean-Jacques Bourcart offrit le site à la ville, qui transforma la nef en halle de marché et le chœur en espace culturel. Classée monument historique en 1920, l’église devint une salle de concert en 1962.
Le couvent connut plusieurs campagnes de restauration, notamment entre 1926 et 1972, révélant des peintures murales des XVe et XVIIIe siècles. En 1990, le département du Haut-Rhin acquit le site pour un euro symbolique et y installa un centre culturel. Depuis 2013, le couvent des Dominicains est un Centre Culturel de Rencontre (CCR) axé sur la musique, les arts numériques et les arts botaniques, tout en préservant son patrimoine architectural gothique et baroque.
L’église, de style sobre conforme à l’idéal dominicain de pauvreté, se distingue par son chœur voûté du XIVe siècle et sa nef décorée de peintures murales des XVe et XVIe siècles, dont un Saint Wolfgang daté de 1498. Le jubé, orné de sculptures symboliques (pélican, phénix), illustre l’influence de la théologie thomiste. Les bâtiments conventuels, organisés autour d’un cloître carré, abritaient réfectoires, cuisine et salle capitulaire, partiellement transformés aux XIXe et XXe siècles.
Les fouilles menées en 1990 permirent de redécouvrir des éléments architecturaux et picturaux, tandis que les restaurations successives (notamment celle de 1711) révélèrent un décor baroque superposé aux structures médiévales. Aujourd’hui, le site allie conservation patrimoniale et innovation culturelle, accueillant concerts, expositions et résidences d’artistes dans un cadre historique exceptionnel.