Frise chronologique
1644
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1644 (≈ 1644)
Autorisation de l’évêque de Lisieux pour Marguerite et Marie Pillon.
1645
Installation à Pont-l'Évêque
Installation à Pont-l'Évêque
1645 (≈ 1645)
Première maison rue Saint-Mélaine, puis extension.
1792
Expulsion des religieuses
Expulsion des religieuses
1792 (≈ 1792)
Confiscation des biens pendant la Révolution.
1823-1843
Démolitions partielles
Démolitions partielles
1823-1843 (≈ 1833)
Construction prison, tribunal, gendarmerie.
1927
Classement monument historique
Classement monument historique
1927 (≈ 1927)
Inscription de la façade.
2000
Rénovation et ouverture culturelle
Rénovation et ouverture culturelle
2000 (≈ 2000)
Transformation en espace *Les Dominicaines*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade sur rue : inscription par arrêté du 9 février 1927
Personnages clés
| Marguerite Pillon de Berthouville - Religieuse fondatrice |
Initiatrice du couvent avec sa sœur. |
| Marie Pillon de Berthouville - Religieuse fondatrice |
Cofondatrice du monastère en 1644. |
| Monseigneur de Cospéan - Évêque de Lisieux |
Autorisa l’installation des Dominicaines. |
Origine et histoire
Le couvent des Dominicaines de l'Isle, fondé au XVIIe siècle à Pont-l'Évêque, trouve son origine dans l'initiative de deux sœurs, Marguerite et Marie Pillon de Berthouville. En 1644, ces religieuses du Royal Monastère des Emmurées de Rouen obtiennent l’autorisation de l’évêque de Lisieux pour établir une maison stricte de l’ordre dominicain à Pont-l’Évêque, ville dépourvue de monastère féminin. Arrivées en 1645, elles s’installent d’abord dans une modeste maison rue Saint-Mélaine, avant d’acquérir des parcelles contiguës pour étendre le couvent sur cinq hectares, attirant de nombreuses postulantes édifiées par leur vie de silence et de pauvreté extrême.
Les Dominicaines appliquaient une règle de vie austère, marquée par l’abstinence, le jeûne et des souffrances physiques auto-infligées. Leur communauté prospéra pendant un siècle et demi, jusqu’à la Révolution française. En 1792, les religieuses furent chassées, leurs biens confisqués, et une partie des bâtiments démolie au XIXe siècle pour construire une prison (1823), un tribunal (1828) et une gendarmerie (1843). Le site servit ensuite à divers usages : justice de paix, école, café, magasin d’antiquités, ou encore salle de répétition musicale et militaire, sans restauration cohérente.
Au XXe siècle, l’édifice, fortement dégradé, frôla l’abandon avant d’être entièrement rénové en 2000 pour devenir l’Espace Culturel Les Dominicaines. Classé monument historique depuis 1927 pour sa façade, il abrite aujourd’hui des expositions et une artothèque. Son architecture en pans de bois et son histoire reflètent les bouleversements religieux, politiques et sociaux de la Normandie, de l’Ancien Régime à nos jours.