Frise chronologique
1622
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1622 (≈ 1622)
Création par Anne d’Autriche et Anne Gobelin.
1626
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1626 (≈ 1626)
Par François II de Bassompierre.
1672
Achèvement de l’église
Achèvement de l’église
1672 (≈ 1672)
Conçue par Jean Marot.
1695
Apogée du couvent
Apogée du couvent
1695 (≈ 1695)
65 religieuses et 106 pensionnaires.
1792
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Vendu comme bien national.
1864
Destruction des vestiges
Destruction des vestiges
1864 (≈ 1864)
Pour l’ouverture de la rue Gay-Lussac.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cage d'escalier (cad. 05 : 03 BD 25) : inscription par arrêté du 4 juillet 1989
Personnages clés
| Anne d’Autriche - Fondatrice |
Initiatrice du couvent en 1622. |
| Anne Gobelin - Mécène |
Épouse d’Estournel, acheteuse des terrains. |
| François II de Bassompierre - Poseur de la première pierre |
En 1626, plaque au musée Carnavalet. |
| Jean Marot - Architecte |
Concepteur de l’église achevée en 1672. |
| Mme de Roquelaure - Abbesse commendataire (1629) |
Sous le nom de Sainte-Catherine de Jésus. |
| Henriette d’Espinay-Saint-Luc - Abbesse commendataire (1664) |
Fille de Timoléon d'Espinay. |
Origine et histoire
Le couvent des Feuillantines fut fondé en 1622 rue du Faubourg-Saint-Jacques à Paris, à l’initiative d’Anne d’Autriche et d’Anne Gobelin, épouse de Charles d'Estournel. Ce monastère cistercien accueillit six religieuses venues de Toulouse sur un domaine de six hectares et demi, incluant des habitations. La première pierre fut posée en 1626 par François II de Bassompierre, comme en témoigne une plaque conservée au musée Carnavalet. L’église, conçue par l’architecte Jean Marot, fut achevée vers 1672, tandis que des bâtiments supplémentaires furent inaugurés en 1631 pour loger les 33 religieuses alors présentes.
Le couvent servait aussi de pension pour les dames de l’aristocratie parisienne, offrant un cadre spirituel et bucolique. En 1685, Mademoiselle de la Trousse, cousine de Madame de Sévigné, y mourut. À son apogée en 1695, il comptait 65 religieuses, 25 converses et 106 pensionnaires. Les Feuillantines portaient une robe de laine blanche et un voile noir, et les pensionnaires étaient enterrées en habit de religieuse. Cependant, le couvent déclina au XVIIIe siècle, ne comptant plus que 20 religieuses et 10 converses en 1790.
Fermé en 1792 pendant la Révolution, le couvent fut vendu comme bien national et transformé en logements. Victor Hugo y vécut une partie de son enfance entre 1808 et 1813, dans un appartement au milieu des ruines et du jardin sauvage. Le général de la Horie s’y cacha brièvement en 1812 après l’échec du complot du général Malet. La rue des Feuillantines, ouverte en 1805, entraîna la destruction de l’église, située à l’emplacement de l’actuel no 11. Les derniers vestiges furent rasés en 1864 pour percer la rue Gay-Lussac, ne laissant qu’une maison annexe du XVIIe siècle au no 10, dont la façade et la cage d’escalier, classée en 1989, subsistent encore.
Parmi les figures marquantes, Anne de Roquelaure (Mme de Roquelaure) devint abbesse commendataire en 1629 sous le nom de Sainte-Catherine de Jésus. Henriette d’Espinay-Saint-Luc, fille de Timoléon d'Espinay, occupa ce rôle en 1664 avant de céder sa place à sa sœur pour diriger les Feuillantines, puis le monastère d’Étival-en-Charnie. Ces abbesses, nommées par le roi après le Concordat de Bologne, incarnèrent l’autorité temporelle et spirituelle du couvent jusqu’à sa suppression.