Frise chronologique
1587
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1587 (≈ 1587)
Création par Henri III pour les Feuillants.
1608
Consécration de l'église
Consécration de l'église
1608 (≈ 1608)
Église Saint-Bernard achevée et dédiée.
1624
Façade de Mansart
Façade de Mansart
1624 (≈ 1624)
Construction financée par Louis XIII.
1790
Sécularisation révolutionnaire
Sécularisation révolutionnaire
1790 (≈ 1790)
Nationalisation et usage politique.
1801-1802
Démolition partielle
Démolition partielle
1801-1802 (≈ 1802)
Ouverture des rues de Rivoli et Castiglione.
1987
Classement des vestiges
Classement des vestiges
1987 (≈ 1987)
Immeubles et chevet protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures sur rue et sur cour : inscription par arrêté du 1er juillet 1987
Personnages clés
| Henri III - Roi de France |
Fonda le couvent en 1587. |
| François Mansart - Architecte |
Conçut la façade de l’église en 1624. |
| Jacques-Louis David - Peintre |
Utilisa la nef pour *Le Serment du jeu de paume*. |
| Denis Antoine - Architecte |
Conçut les immeubles de rapport (1776-1782). |
| Jean de La Barrière - Réformateur des Feuillants |
Inspira la règle monastique stricte. |
| André Le Nôtre - Jardinier |
Conçut les jardins en 1666. |
Origine et histoire
Le couvent des Feuillants, officiellement nommé monastère royal de Saint-Bernard, fut fondé en 1587 par Henri III pour les religieux cisterciens réformés. Installé rue Saint-Honoré, il devint un symbole de la Contre-Réforme, bénéficiant du soutien des Bourbons, notamment Henri IV et Louis XIII, qui financèrent son église et sa façade monumentale conçue par François Mansart.
Sous la Révolution, le couvent fut sécularisé en 1790 et devint un lieu politique, abritant le Club des Feuillants et servant d’atelier à Jacques-Louis David pour Le Serment du jeu de paume. L’église, dépouillée de ses œuvres d’art, fut démolie sous le Consulat pour percer la rue de Rivoli, ne laissant que des immeubles de rapport (nos 229-235 rue Saint-Honoré) et le chevet arrondi de l’église, encore visibles aujourd’hui.
L’architecture du couvent mêlait tradition gothique et innovations baroques, avec une nef flanquée de chapelles latérales et un cloître décoré de fresques. Parmi ses trésors, on comptait des tombes de nobles (famille de Rostaing, Marillac) et des œuvres de Simon Vouet ou Philippe de Buyster. La bibliothèque, riche de 24 000 volumes, et l’apothicairerie aux boiseries sculptées témoignaient de son prestige.
Les jardins, conçus par André Le Nôtre en 1666, complétaient cet ensemble avant sa destruction progressive à partir de 1801. Les vestiges actuels, classés Monuments historiques en 1987, rappellent son importance religieuse et son rôle dans l’histoire politique française.
Le couvent fut aussi un lieu de sépulture pour des figures comme Jean Goulu, ennemi littéraire de Balzac, ou des cœurs de nobles (famille de Roquelaure). Son réfectoire abritait des toiles de Jean II Restout, aujourd’hui dispersées entre le Louvre et Saint-Roch. La chapelle des Rostaing, ornée de priants en marbre, fut immortalisée par Louis Daguerre avant la démolition.
La fin du couvent s’inscrit dans les grands travaux haussmanniens, avec la création de la rue de Castiglione et la disparition de son portail classique, dessiné par Libéral Bruand. Seul l’immeuble néoclassique de Denis Antoine (1776-1782) subsiste, témoin de son passé monastique et révolutionnaire.