Fondation du prieuré Saint-Thiébaut 1122-1135 (≈ 1129)
Création bénédictine hors les murs de Saint-Mihiel.
1598
Don aux frères minimes
Don aux frères minimes 1598 (≈ 1598)
Pape Clément VIII confisque le prieuré.
1793
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1793 (≈ 1793)
Transformation en exploitation agricole par Jean Bizard.
1987
Début des restaurations
Début des restaurations 1987 (≈ 1987)
Curetage et suppression des appentis parasites.
27 février 1989
Protection monument historique
Protection monument historique 27 février 1989 (≈ 1989)
Inscription des bâtiments nord et ouest.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiment Nord, incluant l'ancien mur Sud de la nef de l'église du XIIe siècle et la galerie Nord du cloître ; bâtiment Ouest dit des Religieux, incluant la galerie Ouest du cloître ; aire du cloître et emplacement de l'ancienne église (cad. AN 280, 334) : inscription par arrêté du 27 février 1989
Personnages clés
Clément VIII - Pape (1592-1605)
Donne le prieuré aux minimes.
Jean Bizard - Acquéreur en 1793
Transforme le couvent en ferme.
J.P. Neveux - Géomètre-expert en 1791
Dresse un procès-verbal descriptif.
Origine et histoire
Le couvent des Minimes de Saint-Mihiel trouve son origine dans le prieuré bénédictin Saint-Thiébaut, fondé entre 1122 et 1135 hors des murs de la ville, dans le faubourg éponyme. Ce prieuré, de style roman, comportait une église basilicale dont subsistent aujourd’hui les grandes arcades nord du vaisseau central. Les bâtiments, organisés autour d’une cour cloîtrée, incluaient aussi des dépendances, une écurie, un vivier et un jardin. L’ensemble conservait une structure monastique classique, centrée sur la vie communautaire et la prière.
En 1598, le prieuré est confié en commende par le pape Clément VIII aux frères minimes de la province de Champagne, qui s’y installent avant la fin de l’année. Ces derniers entreprennent une reconstruction partielle à la charnière des XVIe et XVIIe siècles, modernisant notamment le cloître dont la galerie ouest, voûtée d’ogives, est intégrée au corps de logis. Les arcades romanes du mur nord de l’église sont reprises en sous-œuvre pour s’harmoniser avec le nouveau cloître, tandis que le mur sud est repercé pour former la galerie nord. Le vocable Saint-Thiébaut est conservé, marquant la continuité spirituelle du lieu.
La Révolution française marque un tournant : le couvent est vendu comme bien national en 1793 à Jean Bizard, un habitant de Saint-Mihiel. Les nouveaux propriétaires transforment radicalement les lieux en exploitation agricole, démolissant les corps sud et est du cloître, ainsi que les bas-côtés de l’église, convertie en grange. Au XIXe siècle, des modifications supplémentaires altèrent le mur sud de l’église et la façade ouest du logis. Il faut attendre 1987 pour que des travaux de restauration redonnent une partie de son éclat au vaisseau central de l’église et à la galerie ouest du cloître, classés monuments historiques en 1989.
Aujourd’hui, le site conserve des vestiges majeurs de son passé monastique : le vaisseau central de l’église romane, la galerie ouest du cloître à huit travées, et le bâtiment des Religieux, témoin des reconstructions du XVIIe siècle. Ces éléments, protégés depuis 1989, offrent un aperçu unique de l’évolution architecturale et religieuse du lieu, entre héritage bénédictin médiéval et adaptation minime de l’époque moderne.