Frise chronologique
1619
Début des travaux du couvent
Début des travaux du couvent
1619 (≈ 1619)
Fondation par les augustins réformés.
1795
Création du musée des Monuments français
Création du musée des Monuments français
1795 (≈ 1795)
Alexandre Lenoir y sauve des œuvres révolutionnaires.
1816
Fermeture du musée par Louis XVIII
Fermeture du musée par Louis XVIII
1816 (≈ 1816)
Lieu attribué à l’École des beaux-arts.
1817
Fondation officielle de l’ENSBA
Fondation officielle de l’ENSBA
1817 (≈ 1817)
Installation dans l’ancien couvent.
1897
Admission des femmes à l’ENSBA
Admission des femmes à l’ENSBA
1897 (≈ 1897)
Première ouverture en section peinture.
1968
Réforme et séparation de l’architecture
Réforme et séparation de l’architecture
1968 (≈ 1968)
Création des unités pédagogiques d’architecture (UPA).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Reine Margot (Marguerite de Valois) - Donatrice |
Offrit chapelle et jardins aux augustins. |
| Alexandre Lenoir - Conservateur |
Fonda le musée des Monuments français. |
| François Debret - Architecte |
Transforma le couvent en école (1819). |
| Félix Duban - Architecte |
Acheva le Palais des Études. |
| Hélène Bertaux - Militante |
Lutta pour l’admission des femmes. |
| André Malraux - Ministre de la Culture |
Réforma l’ENSBA en 1968. |
Origine et histoire
Le couvent des Petits Augustins, situé à Paris sur la rive gauche de la Seine, fut fondé au début du XVIIe siècle pour une communauté de moines augustins réformés. La chapelle hexagonale, dite « des louanges », fut offerte par la reine Margot, dernière épouse d’Henri IV, qui y légua une partie de son palais et de ses jardins. Les travaux du couvent débutèrent en 1619, et la rue adjacente prit plus tard le nom de « rue des Petits-Augustins ». À la Révolution, les moines furent expropriés, et les lieux abritèrent dès 1795 le musée des Monuments français, créé par Alexandre Lenoir pour préserver des œuvres menacées, comme les tombeaux des rois de France.
En 1816, Louis XVIII ordonna la fermeture du musée et affecta les bâtiments à l’École des beaux-arts, fondée officiellement en 1817. L’architecte François Debret, puis son élève Félix Duban, transformèrent les lieux en intégrant des éléments architecturaux sauvés du musée, comme des fragments des châteaux d’Anet et de Gaillon. La chapelle et le cloître (cour du mûrier) furent préservés, tandis que le Palais des Études et les salles d’exposition (Melpomène, Foch) furent construits. Duban réemploya des décors disparates, donnant une unité stylistique à l’ensemble, bien que son œuvre ait été partiellement altérée au XXe siècle.
Le couvent devint ainsi le cœur de l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA), héritière des académies royales de peinture et de sculpture (fondées en 1648 et 1649). Ses collections, enrichies depuis le XIXe siècle, comptent aujourd’hui près de 450 000 œuvres, dont des peintures de Poussin, David ou Ingres, et des sculptures médiévales. Classé monument historique à plusieurs reprises (1914, 1921, 1972), le site mêle vestiges religieux, réemplois révolutionnaires et extensions modernes, comme les ateliers conçus par Auguste Perret après 1945.
L’histoire du lieu reflète aussi les évolutions sociales de l’art : les femmes y furent admises progressivement à partir de 1897, sous la pression de l’Union des femmes peintres et sculpteurs fondée par Hélène Bertaux. Le couvent, transformé en symbole de l’enseignement artistique français, attire depuis deux siècles des étudiants du monde entier. Ses murs ont vu passer des réformes majeures, comme la séparation de l’architecture des beaux-arts en 1968, ou la création de la médiathèque Stratis Andréadis en 1994 pour moderniser l’accès aux ressources.
Aujourd’hui, l’ENSBA conserve des traces de son passé monastique (chapelle, cour du mûrier) et de son rôle révolutionnaire (musée des Monuments français), tout en abritant un enseignement contemporain. Les bâtiments, protégés et restaurés, illustrent la superposition des époques : du XVIIe siècle (fondation augustinienne) au XXIe (rénovations et numérique). Le site reste un lieu vivant, où expositions, formations et recherches perpétuent son héritage entre mémoire et innovation.