Frise chronologique
1615
Fondation du premier couvent
Fondation du premier couvent
1615 (≈ 1615)
Construction initiale hors des remparts.
1683-1685
Reconstruction intra-muros
Reconstruction intra-muros
1683-1685 (≈ 1684)
Déplacement et reconstruction sous Vauban.
1791
Réquisition militaire
Réquisition militaire
1791 (≈ 1791)
Expulsion des religieux, occupation armée.
1920
Fin de l'occupation militaire
Fin de l'occupation militaire
1920 (≈ 1920)
Libération des bâtiments par l’armée.
2006
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
2006 (≈ 2006)
Protection de la chapelle et façades.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle en totalité ; les façades et toitures des quatre ailes entourant le cloître (cad. BC 479 à 483, 663) : inscription par arrêté du 7 juillet 2006
Personnages clés
| Vauban - Ingénieur militaire |
Responsable des fortifications de Givet. |
Origine et histoire
Le couvent des Récollets de Givet, situé dans le département des Ardennes, trouve ses origines en 1615 avec la construction d’un premier bâtiment. Cependant, lors des travaux de fortification de la ville menés sous Vauban à la fin du XVIIe siècle, ce couvent, jugé trop proche des remparts, est détruit puis reconstruit entre 1683 et 1685 à l’intérieur de l’enceinte fortifiée. Le nouvel ensemble adopte un plan carré avec une cour centrale, et sa chapelle, toujours visible rue des Récollets, se distingue par une façade en pierre bleue de Givet et en briques rouges, ornée de pilastres et de niches.
Lors de la Révolution française, en 1791, les religieux sont expulsés et le couvent est réquisitionné par l’armée, qui l’occupe jusqu’en 1920. Cette période militaire entraîne d’importantes modifications architecturales, notamment la transformation de l’aile Est en garage. Malgré ces altérations, la chapelle reste la partie la mieux préservée, avec ses voûtes en berceau transversal en brique et son oculus en façade. Elle abrite aujourd’hui des manifestations culturelles, tandis que l’ensemble du couvent, partiellement protégé, témoigne de ce patrimoine religieux et militaire.
Le couvent est inscrit aux monuments historiques en 2006 pour sa chapelle et les façades des quatre ailes entourant le cloître. Sa localisation, entre les rues des Récollets, Clémenceau, Calmette et Jean-Jaurès, en fait un élément central du patrimoine de Givet. La chapelle, avec son vaisseau de dix travées et son absence de contreforts extérieurs, illustre une architecture adaptée aux contraintes de luminosité et d’espace dans une ville fortifiée.
Les matériaux utilisés, comme les pierres bleues locales et les briques, reflètent les ressources disponibles dans la région au XVIIe siècle. Le décor classique de la façade, combinant pilastres et niches vides, s’inscrit dans les canons esthétiques de l’époque, tout en répondant aux besoins fonctionnels d’un couvent intégré à un système défensif. Aujourd’hui, le site mêle héritage religieux, adaptations militaires et réutilisation contemporaine, offrant un exemple représentatif de l’évolution des monuments historiques en France.