Origine et histoire du Couvent des Récollets
Le couvent des Récollets de Melun, fondé en 1606 à l’initiative du noble local Charles de Rostaing et approuvé par Henri IV, voit sa première pierre posée en 1616 par Louis XIII. Ce monastère franciscain, dédié à un ordre mendiant, s’étend progressivement avec des agrandissements majeurs : construction d’un aqueduc (1681), d’un dortoir (1682), et pose de la première pierre du cloître en 1701. Les travaux, dirigés par le frère Anselme Bardon, incluent aussi des modifications à l’église en 1702, avant qu’un incendie en 1760 ne détruise partiellement les lieux, nécessitant une reconstruction de la chapelle entre 1761 et 1763.
À la Révolution, le couvent est confisqué et transformé en hôpital en 1793, remplaçant les anciens hôtels-Dieu de Melun. La chapelle, divisée par un plancher, accueille les malades masculins, tandis que les sœurs de la Charité s’y installent en 1798 pour y rester jusqu’en 1905. Le site s’agrandit au XIXe siècle avec une deuxième cour (1829), un quartier pour les hommes (1862), et une maternité (1893-1897), avant l’ajout d’un sanatorium en 1932. Les bâtiments conventuels, partiellement désaffectés, conservent leur chapelle du XVIIIe siècle, toujours dédiée au culte.
Classé monument historique en 1994 pour ses façades, toitures, cloître (en partie démoli en 1958), chapelle et escaliers à balustres, le site illustre l’évolution d’un lieu religieux vers une fonction hospitalière. Les extensions modernes (post-1950) ont relégué les vestiges du couvent à un rôle patrimonial, tandis que la chapelle, restaurée en 1862-1863 avec des éléments issus d’un monastère voisin, témoigne des réaménagements successifs. Aujourd’hui, le couvent des Récollets, bien que désaffecté, reste un symbole de l’histoire religieuse et médicale de Melun.