Origine et histoire du Couvent des Ursulines
Le couvent des Ursulines d'Ispagnac, situé dans le département de la Lozère en région Occitanie, trouve son origine dans un château seigneurial construit aux XVe et XVIIe siècles. Ce bâtiment appartenait initialement aux seigneurs d'Ispagnac, notamment aux familles Grégoire de Lambrandès puis Châteauneuf-Randon, dont les armoiries et la devise Deo juvante (« Avec l’aide de Dieu ») ornent encore le portail d’entrée. Ce portail, ainsi qu’un escalier intérieur remarquable par sa stéréotomie du XVIIe siècle, sont les seuls éléments protégés au titre des monuments historiques depuis 1950.
Pendant la Révolution française, le château fut converti en hôtellerie avec relais de poste, marquant une première transformation de son usage. En 1823, le bâtiment fut loué par la famille Châteauneuf-Randon aux Sœurs de la Présentation de Marie, qui y établirent une école pour jeunes filles. Vingt ans plus tard, en 1842, les sœurs Ursulines acquirent les lieux et y fondèrent un pensionnat, perpétuant la vocation éducative du site. Aujourd’hui, le couvent abrite toujours une école privée, tandis que deux religieuses ursulines y résident encore, gérant notamment la cantine scolaire.
Le portail d’entrée, originaire du manoir de Châteauneuf, présente un arc surbaissé orné de sculptures, dont un masque et un écusson surmonté de volutes en feuillage. L’escalier, quant à lui, illustre un savoir-faire architectural exceptionnel : ses arcs s’auto-contrebutent sans point d’appui central, créant un vide intérieur audacieux. Ces éléments, inscrits à l’inventaire des monuments historiques, témoignent de l’évolution du site, passé de forteresse seigneuriale à lieu d’enseignement et de vie religieuse.
La localisation du couvent, au 29 Rue de la Ville à Ispagnac, en fait un patrimoine ancré dans le paysage lozérien. Bien que la précision de sa localisation géographique soit jugée médiocre (niveau 5/10), son histoire reflète les mutations sociales et religieuses de la région, depuis l’Ancien Régime jusqu’à l’époque contemporaine. La propriété appartient aujourd’hui à une association, et le site reste partiellement accessible, bien que son statut exact (visites, hébergement) ne soit pas précisé.