Frise chronologique
1622
Projet d'implantation
Projet d'implantation
1622 (≈ 1622)
Demande des Ursulines de Laval accueillie par la ville.
avril 1630
Lettres patentes royales
Lettres patentes royales
avril 1630 (≈ 1630)
Autorisation officielle pour fonder le couvent.
7 août 1631
Installation provisoire
Installation provisoire
7 août 1631 (≈ 1631)
Arrivée de sœur Catherine Moreau et premières Ursulines.
1634
Acquisition du manoir
Acquisition du manoir
1634 (≈ 1634)
Achat du manoir du XVe siècle à René d’Héliand.
5 avril 1660
Bénédiction de l'église
Bénédiction de l'église
5 avril 1660 (≈ 1660)
Pose de la première pierre de l’église.
28 novembre 1664
Consécration de l'église
Consécration de l'église
28 novembre 1664 (≈ 1664)
Cérémonie dirigée par l’évêque Henri Arnauld.
1794
Expulsion révolutionnaire
Expulsion révolutionnaire
1794 (≈ 1794)
Ursulines emprisonnées pour refus de serment.
1807 et 1814
Rachat des bâtiments
Rachat des bâtiments
1807 et 1814 (≈ 1814)
Retour partiel des religieuses après la Révolution.
1905
Séparation Église-État
Séparation Église-État
1905 (≈ 1905)
Second exil des Ursulines.
1965
Départ définitif
Départ définitif
1965 (≈ 1965)
Fin de la présence des Ursulines.
31 octobre 1991
Classement monument historique
Classement monument historique
31 octobre 1991 (≈ 1991)
Protection du couvent et du manoir.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du bâti de la parcelle AE 406 : inscription par arrêté du 31 décembre 1987 - Ancien couvent, y compris le manoir de la Touche, à l'exclusion des bâtiments abritant l'institut médico-pédagogique (cad. AE 361, 408, 459, 460) : classement par arrêté du 31 octobre 1991 - Parties subsistantes du mur de clôture ; grande allée d'axe de l'enclos ; maison XVe siècle jouxtant le manoir de la Touche ; deux cours intérieures (du Tour et des cuisines) et préau du cloître ; halle de charpente, du XVIIe siècle ; chapelle (ruinée) en fond d'enclos (cad. AE 315, 459, 460, 462 à 464) : inscription par arrêté du 9 décembre 1992
Personnages clés
| Catherine Moreau - Religieuse ursuline |
Première supérieure installée en 1631. |
| Claude de Rueil - Évêque d'Angers |
Autorise la fondation en 1629. |
| Henri Arnauld - Évêque d'Angers |
Consacre l’église en 1664. |
| René d’Héliand - Seigneur de la Touche |
Ancien propriétaire du manoir acquis. |
| Pierre et Gilles Corbineau - Architectes |
Constructeurs de l’église en 1658. |
| René Trouillard - Maître maçon |
Dirige les travaux de l’église. |
| Louis Boquet - Artisan |
Auteur du maître-autel en 1760. |
| Paul Legué de la Rivière - Architecte |
Collabore au maître-autel en 1760. |
Origine et histoire
Le couvent des Ursulines de Château-Gontier trouve ses origines en 1622, lorsque les religieuses Ursulines de Laval proposent d’établir une communauté dans la ville. Leur demande, soutenue par les habitants et motivée par l’instruction des jeunes filles et la conversion des protestants locaux, obtient l’aval de Claude de Rueil, évêque d’Angers, en 1629. Les lettres patentes royales, accordées en avril 1630, officialisent le projet, marquant le début d’une installation progressive.
En 1631, sœur Catherine Moreau et les premières Ursulines s’installent provisoirement dans la paroisse de Saint-Remy, hors des murs de la ville. Quatre nouvelles religieuses les rejoignent en 1632. En 1634, elles acquièrent un manoir du XVe siècle dans le faubourg d’Azé, appartenant à René d’Héliand, seigneur de la Touche. Ce site devient le cœur de leur futur couvent, où elles entreprennent des travaux majeurs à partir de 1638, incluant une maison conventuelle, un pensionnat, un cloître et une église.
La construction de l’église, confiée aux architectes Pierre et Gilles Corbineau, puis à René Trouillard, s’étale de 1658 à 1664. Consacrée sous le vocable de la Sainte-Trinité par l’évêque Henri Arnauld, elle intègre des éléments architecturaux remarquables, comme un retable et une façade en pierre blanche. Le couvent, inspiré de l’Hôtel-Dieu d’Angers, utilise abondamment le marbre noir d’Argentré. Pendant la Révolution, les Ursulines, refusant le serment, sont expulsées et emprisonnées en 1794.
Au XIXe siècle, les religieuses survivantes rachètent les bâtiments en 1807 et 1814, rétablissant leurs activités éducatives et caritatives jusqu’à la séparation de l’Église et de l’État en 1905. Elles reviennent brièvement en 1918 avant de quitter définitivement le site en 1965. Classé monument historique en 1991, le couvent abrite aujourd’hui le Théâtre National des Pays de la Loire, un office de tourisme et un conservatoire de musique.
L’architecture du couvent allie des vestiges du XVe siècle, comme le manoir de la Touche, à des constructions du XVIIe siècle, dont l’église et les bâtiments abbatiaux. Les éléments protégés incluent les façades, les toitures, le cloître, et une chapelle en ruine. Le site illustre l’histoire religieuse et éducative de l’Anjou, ainsi que les bouleversements révolutionnaires et les adaptations modernes du patrimoine.