Origine et histoire du Couvent des Ursulines
Le couvent des Ursulines de Quimper, fondé en 1621 sous l’impulsion de la veuve du seigneur de Kernabrest et de Perrette de Bermond, s’implante initialement hors des remparts de la ville, sur la « Terre-au-Duc ». Dès 1623, un premier bâtiment en équerre est érigé, complété en 1627 par la chapelle du Paradis, cédée par la paroisse Saint-Mathieu. Le marquis de Rosmadec soutient leur installation en 1628 par un acte de fondation. Le couvent se développe grâce à un pensionnat et une école pour jeunes filles, respectant la clôture religieuse tout en adhérant à la province de Paris, dédiée à l’instruction. L’enseignement, majoritairement religieux, inclut aussi lecture, écriture et mathématiques.
En 1760, la construction d’un second bâtiment en quadrilatère commence, mais seules les ailes est et sud sont achevées. La Révolution marque un tournant : en 1790, les biens de l’Église sont confisqués, et en 1792, la chapelle du Paradis est détruite par un incendie. L’aile sud, future bibliothèque, devient une prison militaire en 1793, tandis que les 41 religieuses sont expulsées en 1794. Les bâtiments sont réaffectés en tribunal, caserne de vétérans (1808), puis caserne active. Un nouveau bâtiment est ajouté en 1862 pour les exercices militaires. Le site, partiellement classé en 1987, abrite aujourd’hui la médiathèque Alain Gérard.
Situé entre le centre historique de Quimper et le centre culturel, le couvent se distingue par son architecture sobre, contrastant avec les petites maisons environnantes. Proche de la cathédrale Saint-Corentin, il illustre l’urbanisme ancien de la ville. Son histoire reflète les bouleversements politiques et sociaux, passant de lieu d’éducation religieuse à espace militaire, avant de devenir un équipement culturel moderne. Les halles Saint-Mathieu, construites en 1937, remplacent l’ancienne prison, marquant une nouvelle étape dans la transformation du quartier.