Origine et histoire du Couvent des Ursulines
Le couvent des Ursulines de Quimperlé, fondé au XVIIe siècle, s’installe d’abord en basse-ville en 1652 grâce à des lettres patentes de Louis XIV et l’appui de l’évêque de Cornouaille, Mgr du Louët. Après un incendie, les religieuses déménagent en haute-ville en 1665 sur le domaine du Bel-Air, acquis par Claude de Kerouartz. La construction de la chapelle (1667–1674), financée par les familles Penfeunteunyo et Lohéac, coûte plus de 60 500 livres. Les bâtiments conventuels, reconstruits après un nouvel incendie en 1683, s’étendent progressivement avec l’ajout d’un cloître, d’un réfectoire et de dortoirs en 1720, pour un coût de 37 000 livres.
Durant la Révolution française, le couvent est confisqué en 1793 et transformé en caserne, hôpital militaire et prison pour les Ursulines, libérées après la chute de Robespierre. Rachété en 1800 par le maire Jean-François Mancel, il est restitué aux religieuses. Au XIXe siècle, des agrandissements majeurs sont réalisés : cloître vitré en 1846, voûtes factices en 1856, aile sud en 1865 (architecte Joseph Bigot), et aile sud-est en 1888. La dernière extension date de 1895 avec une aile est.
La loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État entraîne l’expulsion des Ursulines en 1907. Le couvent devient une école pour filles, puis un collège public (Jules Ferry) en 1946. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert de caserne à l’occupation allemande, avec des résistants torturés dans ses sous-sols. Après-guerre, la chapelle, utilisée comme gymnase, est convertie en 1996 en espace d’expositions d’art moderne, tandis que le reste des bâtiments abrite toujours le collège.
Classé partiellement aux monuments historiques en 1927 (chapelle et porte monumentale) et 1986 (bâtiments conventuels), le site bénéficie de rénovations majeures en 2003, incluant une verrière et un bâtiment contemporain pour la restauration scolaire. Aujourd’hui, le collège accueille 400 élèves, et la chapelle, gérée par la mairie, propose des expositions attractives (ex. : Yann Kersalé en 2017 avec 14 000 visiteurs).