Frise chronologique
1617
Arrivée des Ursulines à Rouen
Arrivée des Ursulines à Rouen
1617 (≈ 1617)
Fondation difficile de la communauté éducative.
1653
Installation dans le couvent actuel
Installation dans le couvent actuel
1653 (≈ 1653)
Achèvement du grand bâtiment par Hardouin.
1727
Départ pour La Nouvelle-Orléans
Départ pour La Nouvelle-Orléans
1727 (≈ 1727)
Fondation d’un couvent outre-Atlantique.
1792
Expulsion révolutionnaire
Expulsion révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Fermeture et occupation militaire.
1807
Retour des Ursulines
Retour des Ursulines
1807 (≈ 1807)
Rétrocession du couvent par Napoléon.
1906
Achat par la ville de Rouen
Achat par la ville de Rouen
1906 (≈ 1906)
Transformation en équipements publics.
1929
Inauguration de la bibliothèque
Inauguration de la bibliothèque
1929 (≈ 1929)
Réaffectation de la chapelle.
1974
Démolitions controversées
Démolitions controversées
1974 (≈ 1974)
Destruction partielle pour le Conservatoire.
1975
Classement de la chapelle funéraire
Classement de la chapelle funéraire
1975 (≈ 1975)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle funéraire : inscription par arrêté du 18 février 1975
Personnages clés
| Sainte Angèle Mérici - Fondatrice de l’ordre des Ursulines |
Créa la congrégation en 1535. |
| Madame d’Aclainville - Bienfaitrice locale |
Acheta la première maison des Ursulines. |
| Pierre Chirol - Architecte rouennais |
Transforma le couvent en logements sociaux. |
| Marie-Madeleine Hachard - Ursuline missionnaire |
Partit fonder un couvent à La Nouvelle-Orléans. |
| Pierre-Maurice Lefebvre - Adjoint au maire de Rouen |
Défendit la modernisation du quartier. |
| Edmond Lair - Architecte municipal |
Restaura la chapelle en bibliothèque. |
Origine et histoire
Le couvent des Ursulines de Rouen, implanté dans le quartier Croix de Pierre à l’est de la ville, trouve ses origines dans la Contre-Réforme catholique du XVIIe siècle. Fondé en 1617 après des débuts difficiles, il s’installe définitivement en 1653 grâce à l’appui de bienfaiteurs locaux comme madame d’Aclainville. Les sœurs, dédiées à l’enseignement gratuit des jeunes filles pauvres, voient leur communauté croître rapidement, passant de 61 religieuses en 1665 à 75 en 1690, dont 40 enseignantes. Le couvent, construit par les architectes Abraham et Pierre Hardouin, adopte une structure en quadrilatère incomplet en raison de contraintes financières, avec une chapelle et un grand bâtiment de trois étages.
Expulsées en 1792 pendant la Révolution, les Ursulines récupèrent leur couvent en 1807 sous Napoléon et reprennent leurs activités éducatives jusqu’à la fermeture définitive de leurs écoles en 1893. En 1906, la ville de Rouen acquiert le site pour 116 000 francs, avec l’intention d’y créer des équipements publics. Une partie des bâtiments est transformée en logements sociaux par l’architecte Pierre Chirol pour la Grande Famille Rouennaise, une association aidant les familles nombreuses, tandis que la chapelle devient une bibliothèque municipale en 1929. Le couvent, symbole du patrimoine religieux et éducatif rouennais, est partiellement détruit dans les années 1970 pour laisser place au Conservatoire régional de musique, malgré une forte opposition locale.
La chapelle funéraire, classée monument historique en 1975, et la bibliothèque (ancienne chapelle des fidèles) subsistent aujourd’hui comme témoins de ce passé. Le site a également abrité des œuvres sociales au XXe siècle, reflétant son adaptation aux besoins changeants de la ville. Les démolitions des années 1970, controversées, ont marqué un tournant dans la préservation du patrimoine rouennais, opposant modernisation urbaine et conservation historique. Certains éléments, comme le campanile ou des maisons à pans de bois, ont été sauvés ou transférés, notamment aux États-Unis (La Nouvelle-Orléans), où les Ursulines de Rouen avaient fondé un couvent en 1727.
L’architecture du couvent, caractéristique du XVIIIe siècle, mêle sobriété et élégance, avec des façades en pierre de la vallée de la Seine et une charpente remarquable. Les espaces intérieurs, organisés autour d’un cloître et de cours, reflétaient la vie communautaire des religieuses. La transformation du site au XXe siècle, bien que critiquée, a permis de maintenir une partie de son héritage, tout en répondant aux besoins sociaux et culturels de Rouen. Aujourd’hui, la chapelle-bibliothèque et les vestiges du monastère rappellent l’importance historique des Ursulines dans l’éducation et la vie religieuse normande.
Le quartier Croix de Pierre, pittoresque mais vétuste, a servi de refuge aux populations modestes après la Seconde Guerre mondiale. La destruction partielle du couvent dans les années 1970 s’inscrit dans une politique de revitalisation urbaine, souvent en tension avec la préservation patrimoniale. Les protestations citoyennes, comme la manifestation de 1974 réunissant un millier de personnes, ont souligné l’attachement des Rouennais à ce lieu chargé d’histoire. Malgré les pertes, des éléments comme le grand escalier Louis XV ou la chapelle funéraire ont été préservés, témoignant de l’équilibre difficile entre mémoire et modernité.