Frise chronologique
1142
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1142 (≈ 1142)
Création par Pétronille de Chemillé, abbesse de Fontevraud.
1903
Expulsion des religieuses
Expulsion des religieuses
1903 (≈ 1903)
Lois contre les congrégations religieuses.
1949
Restauration monastique
Restauration monastique
1949 (≈ 1949)
Retour des moniales bénédictines puis cisterciennes.
21 décembre 1972
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
21 décembre 1972 (≈ 1972)
Protection de l'église et des bâtiments conventuels.
1990
Érection en abbaye
Érection en abbaye
1990 (≈ 1990)
Passage du statut de prieuré à celui d'abbaye.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le couvent (église et bâtiments conventuels en totalité, à l'exclusion des dépendances) (cad. B 251) : inscription par arrêté du 21 décembre 1972
Personnages clés
| Pétronille de Chemillé - Abbesse de Fontevraud |
Fondatrice du prieuré en 1142. |
| Longuebrune - Première abbesse de Boulaur |
Veuve du comte d’Astarac, entrée dans les ordres. |
| Marie-Pia Le Thomas - Fondatrice de la communauté moderne |
Prieure de 1949 à 1990. |
| Claire de Castelbajac - Servante de Dieu |
Cause de béatification liée à l’essor des vocations. |
Origine et histoire
L’abbaye Sainte-Marie de Boulaur, fondée en 1142 par Pétronille de Chemillé, abbesse de Fontevraud, est à l’origine un prieuré de l’ordre fontevriste. Soutenue par l’archevêque d’Auch et Sanche Ier, comte d’Astarac, elle est dirigée par Longuebrune, veuve du comte d’Astarac, devenue religieuse. Le monastère, dont le nom signifie « Bon lieu » (Bonus Locus), est le plus pauvre de l’ordre. Son église, d’architecture romane à la base et gothique dans ses voûtes, conserve des fresques du XIVe siècle et des grilles en fer forgé du XVIIIe siècle.
À la Révolution française, le prieuré est déclaré bien national et les religieuses sont dispersées. La vie monastique reprend à la fin du XIXe siècle, mais les lois d’expulsion de 1903 chassent de nouveau les religieuses. En 1949, des moniales bénédictines, souhaitant rejoindre l’ordre cistercien, restaurent le monastère. La communauté, initialement modeste (5 sœurs en 1979), croît après 1981 grâce à des vocations liées à la cause de béatification de Claire de Castelbajac. L’abbaye, érigée en 1990, essaime en 1998 vers l’abbaye de Rieunette.
L’abbaye, inscrite aux monuments historiques en 1972, allie patrimoine et modernité. Les sœurs, engagées dans une agriculture biologique (fromages, confitures, bière depuis 2023), projettent une « grange cistercienne du XXIe siècle » respectant l’architecture locale. En 2020, la communauté compte 27 moniales, avec une moyenne d’âge de 43 ans. Le cloître du XVIIe siècle abrite une statue de Vierge à l’Enfant du XIIIe–XIVe siècle, surnommée la « Belle Dame » de Boulaur.
Le site, propriété d’une association, reste un lieu de vie monastique et de production artisanale. Les bâtiments, majoritairement du XVIIIe siècle, conservent des éléments romans (portail nord) et gothiques (voûtes, contreforts). L’église, à chevet plat flanqué de contreforts, présente une nef à trois travées gothiques et deux travées Renaissance. Les vitraux modernes éclairent le chœur, tandis que la tour-clocher domine l’ensemble.