Frise chronologique
vers 1430
Fondation initiale
Fondation initiale
vers 1430 (≈ 1430)
Couvent Saint-François par les franciscains.
1857
Restauration dominicaine
Restauration dominicaine
1857 (≈ 1857)
Rachat et reconstruction par les dominicains.
1903
Expulsion des dominicains
Expulsion des dominicains
1903 (≈ 1903)
Loi de Séparation Église-État.
1914-1918
Centre d'internement
Centre d'internement
1914-1918 (≈ 1916)
Prisonniers civils allemands et austro-hongrois.
1927
Réoccupation religieuse
Réoccupation religieuse
1927 (≈ 1927)
Retour des dominicains après abandon.
1993
Arrivée des frères de Saint-Jean
Arrivée des frères de Saint-Jean
1993 (≈ 1993)
Nouvelle communauté religieuse.
2011
Inscription Monument historique
Inscription Monument historique
2011 (≈ 2011)
Protection du couvent en totalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le couvent en totalité, bâtiments conventuels et cloître, église et clocher (cad. E 591) : inscription par arrêté du 28 janvier 2011
Personnages clés
| Guido de Sabellis - Seigneur médiéval |
Fonda la seigneurie de Balagne au IXe. |
| Jacopino de Sabellis - Fils de Guido |
Bâtit un castel près du couvent. |
| Pascal Paoli - Figure corse |
Visita le couvent au XVIIIe. |
| Guy de Maupassant - Écrivain français |
Séjourna au couvent. |
| Jean XXIII - Futur pape |
Visita le site comme cardinal. |
| Frère Jean Marty - Dominicain convers |
Participa à la reconstruction (1857-1864). |
Origine et histoire
Le couvent Saint-Dominique de Corbara, initialement nommé couvent Saint-François de la Pieve d’Aregno, est fondé vers 1430 sur les flancs du mont Saint-Ange (San’Anghjelu). À l’origine occupé par les franciscains, il devient un bien national lors de la Révolution française, avant d’être racheté et restauré par des dominicains italiens en 1861. Ces derniers y établissent une école et un collège de théologie, mais sont chassés en 1903 après les lois de Séparation de l’Église et de l’État. Le couvent, réoccupé en 1927, sert aussi de centre d’internement pour des civils allemands et austro-hongrois pendant la Première Guerre mondiale, comme en témoignent des dessins laissés dans les cellules.
Le site, inscrit aux Monuments historiques en 2011, se compose de quatre corps de bâtiments organisés autour d’un cloître, d’une église conventuelle, et de jardins en terrasse. Son architecture reflète des ajouts successifs, notamment après un incendie en 1986. Depuis 1993, il est occupé par les frères de Saint-Jean, une communauté religieuse contemporaine. Le couvent est aussi connu pour avoir accueilli des figures comme Pascal Paoli, Guy de Maupassant, ou le futur pape Jean XXIII, soulignant son rôle culturel et spirituel en Corse.
L’histoire du couvent est liée à celle de la Balagne, une région marquée par des conflits entre seigneurs locaux, comme les descendants de Guido de Sabellis, qui dominèrent la région dès le IXe siècle. Le mont Saint-Ange, sur lequel il est bâti, abrite également les ruines d’un castel médiéval édifié par Jacopino, fils de Guido. Ces vestiges rappellent les luttes féodales qui ont façonné le paysage politique et religieux de la Corse pré-moderne.
Pendant la Grande Guerre, le couvent abrite près de 800 prisonniers civils, dont des artistes qui laissèrent des traces de leur passage, comme des fresques ou des sculptures. Après 1918, il retrouve progressivement sa vocation religieuse, malgré des périodes d’abandon. Aujourd’hui, il reste un lieu de pèlerinage et de recueillement, tout en étant un témoignage architectural des échanges culturels et des bouleversements politiques qui ont marqué la Corse.
La chapelle Notre-Dame de Lazio, située à proximité, et les ruines du castel de Guido de Sabellis complètent ce patrimoine, offrant un panorama sur l’histoire médiévale et moderne de la Balagne. Le couvent, avec son église baroque et ses dépendances, illustre l’évolution des ordres religieux en Corse, entre influence italienne, occupation française, et identité locale.
Enfin, le couvent Saint-Dominique incarne la résilience des communautés religieuses corses, ayant survécu aux lois anticléricales, aux guerres, et aux changements de vocations. Son inscription comme Monument historique en 2011 consacre son importance patrimoniale, tant pour son architecture que pour son rôle dans l’histoire sociale et culturelle de la Corse.