Frise chronologique
1239
Fondation initiale
Fondation initiale
1239 (≈ 1239)
Installation des franciscains à Nice (couvent Saint-Récupérat).
1250
Déplacement du couvent
Déplacement du couvent
1250 (≈ 1250)
Don du terrain par Augier Badat.
1477
Érection de la croix
Érection de la croix
1477 (≈ 1477)
Croix du cimetière, future *croix de Cimiez*.
1483
Travaux majeurs
Travaux majeurs
1483 (≈ 1483)
Renouvellement de la voûte de l’église.
1705-1706
Siège de Nice
Siège de Nice
1705-1706 (≈ 1706)
Dégâts importants au couvent.
1792
Expulsion des frères
Expulsion des frères
1792 (≈ 1792)
Annexion française et reconversion des lieux.
1798
Vente aux enchères
Vente aux enchères
1798 (≈ 1798)
Achat par Truchi, Pollan et Tomassi.
1837
Rénovation de la tour
Rénovation de la tour
1837 (≈ 1837)
Projet de Vernier pour l’horloge publique.
1841
Achèvement des travaux
Achèvement des travaux
1841 (≈ 1841)
Installation définitive de la cloche et horloge.
1993
Première protection
Première protection
1993 (≈ 1993)
Inscription du clocher et du chœur.
2016-2021
Réhabilitation moderne
Réhabilitation moderne
2016-2021 (≈ 2019)
Restauration par la municipalité de Nice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour du clocher ; choeur (intérieur) et façade latérale orientale de l'ancienne église désaffectée (cad. KP 30, 31) : inscription par arrêté du 23 juin 1993 ; Les parties suivantes de l'ancien couvent des Franciscains : l'église en totalité, les vestiges de l'ensemble conventuel dont la ville de Nice a la maîtrise foncière : aire de cloître, galeries est et sud avec les bâtiments qui les abritent, accès nord longeant l'église depuis la rue de la Tour, telles que délimitées par un trait rouge sur le plan annexé à l'arrêté, sises 4 et 6 place Saint-François, 2 rue de la Tour (cad. KP 31, 214, 215, 216, 217) : inscription par arrêté du 3 janvier 2020
Personnages clés
| Augier Badat - Donateur du terrain |
Meunier offrant le site en 1250. |
| Raymond Ricardi - Supérieur franciscain |
Décide du déplacement du couvent. |
| Louis Terrini - Frère franciscain |
Érige la croix de Cimiez en 1477. |
| Joseph Vernier - Architecte municipal |
Conçoit la rénovation de 1837. |
| Auguste Davin - Horloger niçois |
Installe l’horloge de la tour. |
| Dominique Rosina - Fondeur de cloches |
Commande avortée pour la cloche. |
Origine et histoire
Le couvent Saint-François de Nice, fondé au XIIIe siècle, est un ancien couvent franciscain situé dans le Vieux-Nice. D’abord établi en 1239 près du port Lympia sous le nom de Saint-Récupérat, il est déplacé en 1250 sur un terrain donné par le meunier Augier Badat, au pied de la colline du Château. Ce site, aujourd’hui marqué par la rue de la Tour et la place Saint-François, abrite une église initialement dédiée à Sainte-Croix, puis à saint François. Les franciscains y développent un ensemble conventuel incluant une chapelle (consacrée en 1377), des autels (1448), et un cimetière où une croix, aujourd’hui connue comme la croix de Cimiez, est érigée en 1477.
Au XVe siècle, des travaux majeurs transforment l’église : la voûte est renouvelée en 1483, et des caveaux sont agrandis. Le couvent subit cependant des dégâts considérables lors des sièges de Nice, notamment en 1705-1706. Après l’annexion du comté de Nice par la France en 1792, les frères sont expulsés, et les lieux deviennent un corps de garde, un tribunal, et même une écurie pour les troupes napoléoniennes. En 1798, le couvent et son église sont vendus aux enchères à des particuliers, Jean-Louis Truchi et Joseph Pollan, puis transformés en hôtel (l’Aigle d’Or) ou en locaux industriels (fabrique de glace, cinéma).
La tour-clocher, élément emblématique du site, est préservée par la commune en 1798 pour y installer une horloge publique, unique alternative à celle de la tour Rusca. Malgré des retards dus à des contraintes financières, l’architecte Joseph Vernier dirige sa rénovation en 1837 : la coupole est remplacée par un attique carré, et une horloge, fabriquée à Morez (Jura), y est installée en 1838. La cloche, initialement commandée à un fondeur niçois, est finalement livrée par la fonderie génoise Pagano et Boero en 1840, après des péripéties liées à son poids (1 500 kg). Les travaux s’achèvent en 1841, marquant la transformation définitive de la tour en symbole urbain.
Au XIXe siècle, l’ensemble conventuel est morcelé et vendu à des particuliers, qui en modifient l’usage (logements, commerce). Au XXIe siècle, la municipalité de Nice entreprend une vaste réhabilitation : rachat progressif des bâtiments à partir de 2016, restauration du couvent et du Palais Communal (2016), puis de la tour et de l’église (2018-2021). La place Saint-François, cœur de ce patrimoine, est également rénovée entre 2018 et 2019. Ces travaux, parmi les plus ambitieux de la décennie en France, visent à redonner au site son aspect d’origine tout en l’intégrant à la vie moderne.
Aujourd’hui, il ne subsiste du couvent que des vestiges, dont la tour du clocher (41 m), le chœur et la façade est de l’église, inscrits aux monuments historiques depuis 1993. Une seconde protection, en 2020, couvre l’ensemble des vestiges conventuels (cloître, galeries, accès nord) encore détenus par la ville. Ces éléments témoignent de l’évolution architecturale du site, marquée par des ajouts gothiques (XVe siècle), baroques (XVIIIe siècle), et des adaptations urbaines ultérieures.