Frise chronologique
vers 1540
Fondation de l'ermitage capucin
Fondation de l'ermitage capucin
vers 1540 (≈ 1540)
Installation des Capucins en Corse.
1547
Autorisation pontificale
Autorisation pontificale
1547 (≈ 1547)
Bulle du pape Paul III.
vers 1730
Achèvement du couvent
Achèvement du couvent
vers 1730 (≈ 1730)
Fin des travaux principaux.
1763
Occupation par Matra
Occupation par Matra
1763 (≈ 1763)
Aleriu Francescu Matra s’y installe.
1768
Passage sous administration française
Passage sous administration française
1768 (≈ 1768)
Fin de la domination génoise.
2008
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
2008 (≈ 2008)
Protection partielle du bâtiment.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures du couvent, à l'exception de l'extension récente le long de la façade est du cloître ; l'intérieur de la cellule présumée de Saint-Théophile de Corte (cad. A 301, 302) : inscription par arrêté du 28 février 2008
Personnages clés
| Saint Théophile de Corte - Moine franciscain |
Y fit une retraite au XVIIIe. |
| Aleriu Francescu Matra - Chef militaire corse |
Occupa le couvent en 1763. |
| Paolo III - Pape |
Autorisa l'ermitage en 1547. |
Origine et histoire
Le couvent Saint-François de Zuani, bien que portant le nom de Zuani, est situé sur la commune voisine d’Ampriani, à 726 mètres d’altitude. Mentionné dès 1540 comme un ermitage capucin, il fut officiellement autorisé en 1547 par une bulle du pape Paul III. L’édifice, caractéristique des couvents franciscains corses, fut achevé vers 1730. Il est notamment associé à la mémoire du moine franciscain saint Théophile de Corte, qui y aurait effectué une retraite au XVIIIe siècle.
Le couvent fut un lieu stratégique et religieux dans la région. En 1540, les Capucins s’y installèrent pour la première fois en Corse, et les Récollets y bâtirent un monastère la même année. Le site fut également le théâtre de conflits, comme en 1763, lorsque Aleriu Francescu Matra occupa le couvent lors de ses campagnes militaires dans la piève de Serra. Après la cession de la Corse à la France en 1768, le couvent perdit progressivement son rôle central.
L’édifice, aujourd’hui propriété privée, est partiellement protégé depuis 2008 : ses façades, toitures (à l’exception des extensions récentes) et la cellule présumée de saint Théophile sont inscrits aux Monuments historiques. Bien qu’il ne se visite plus, il reste un témoignage architectural et historique de la présence franciscaine en Corse, dans un cadre naturel marqué par les châtaigneraies et les reliefs du massif du San Petrone.
La région de la Serra, où se trouve le couvent, était une piève importante du « Deçà des Monts », souvent en tension avec les autorités génoises. Les villages environnants, comme Zuani et Ampriani, furent plusieurs fois détruits lors de révoltes ou de représailles, notamment en 1566, lorsque les Génois brûlèrent 123 villages, dont ceux de la piève de Serra. Le couvent, en tant que lieu de rassemblement spirituel et parfois politique, incarne ces dynamiques historiques complexes.
Architecturalement, le couvent illustre l’adaptation des ordres mendiants aux contraintes insulaires : simplicité des matériaux, intégration au paysage, et fonctions à la fois religieuses et communautaires. Son déclin au XVIIIe siècle reflète les bouleversements liés à la transition entre domination génoise et administration française, ainsi qu’à la sécularisation progressive des sociétés rurales corses.