Frise chronologique
1623
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1623 (≈ 1623)
Création par les Franciscains observantins
28 mars 1757
Combat de Paoli et Matra
Combat de Paoli et Matra
28 mars 1757 (≈ 1757)
Mort de Mariu Emanuellu Matra
1791
Désaffectation du couvent
Désaffectation du couvent
1791 (≈ 1791)
Fin de son usage religieux initial
1865
Reconstruction de l'église
Reconstruction de l'église
1865 (≈ 1865)
Restauration après ruine au XIXe
24 janvier 1995
Classement Monument historique
Classement Monument historique
24 janvier 1995 (≈ 1995)
Protection du couvent et de l'église
15 septembre 2005
Protection de la toile *Sainte Parenté*
Protection de la toile *Sainte Parenté*
15 septembre 2005 (≈ 2005)
Classement du tableau du XVIIe
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiment conventuel (cad. B 197) et église (cad. B 199) : inscription par arrêté du 24 janvier 1995
Personnages clés
| Pascal Paoli - Général et chef de la résistance corse |
S’y réfugia en 1757 |
| Mariu Emanuellu Matra - Rival de Paoli |
Mort lors de l’attaque |
| Clemente Paoli - Frère de Pascal Paoli |
Sauva Paoli en 1757 |
| Sambucucciu d'Alandu - Figure historique locale (XIVe) |
Inspira les mouvements anti-féodaux |
Origine et histoire
Le couvent Saint-François du Boziu, situé à Alando en Haute-Corse, a été fondé en 1623 par les Franciscains observantins. Ce lieu religieux, construit à 765 mètres d’altitude, est devenu un témoin clé de l’histoire corse, notamment lors des luttes pour l’indépendance au XVIIIe siècle. L’édifice, de plan en L, comprend une église conventuelle et un bâtiment conventuel aujourd’hui partiellement en ruine, mais dont certaines parties, comme les cellules des moines à l’étage, subsistent.
En 1757, le couvent fut le théâtre d’un affrontement historique entre Pascal Paoli, figure emblématique de la résistance corse, et son rival Mariu Emanuellu Matra. Ce dernier, aspirant au généralat après avoir été écarté par une consulte tenue au couvent Sant'Antone di a Casabianca en 1755, attaqua Paoli qui s’y était réfugié. Clemente Paoli, frère de Pascal, intervint pour repousser les assaillants, entraînant la mort de Matra. Cet épisode illustre le rôle stratégique du couvent dans les conflits politiques de l’époque.
Désaffecté en 1791 après la Révolution, le couvent servit de casernement à la gendarmerie de 1804 à 1863 avant d’être privatisé. L’église, tombée en ruine dans les années 1820, fut reconstruite en 1865 et devint l’église paroissiale du village. Aujourd’hui, le bâtiment conventuel appartient à un propriétaire privé, tandis que l’église, classée Monument historique en 1995, abrite une toile du XVIIe siècle représentant la Sainte Parenté, également protégée.
Le couvent est aussi lié à l’histoire sociale et religieuse de la région. La piève de Bozio, dont Alando faisait partie, était un territoire organisé autour de communes émancipées, héritières des mouvements populaires du XIVe siècle comme celui mené par Sambucucciu d’Alandu. Ce personnage, originaire du village, avait lutté contre la féodalité en instaurant une propriété foncière collective, marquant durablement l’identité locale.
La situation géographique d’Alando, dans une zone montagneuse et boisée du parc naturel régional de Corse, a également influencé son histoire. Le couvent, situé à la jonction des routes D15 et D215, était un point de passage stratégique entre les villages du Bozio et la Castagniccia. Son architecture, bien que remaniée, reflète encore son importance passée, avec des éléments comme la galerie haute ajoutée tardivement.
Aujourd’hui, le couvent Saint-François du Boziu reste un symbole du patrimoine corse, mêlant histoire religieuse, conflits politiques et mémoire collective. Son inscription aux Monuments historiques en 1995, ainsi que la protection de son tableau, soulignent sa valeur culturelle et artistique pour la région.