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Couvent Saint-Lazare de Marseille à Marseille 6ème dans les Bouches-du-Rhône

Patrimoine classé Patrimoine religieux Couvent

Couvent Saint-Lazare de Marseille

    35 Rue Edmond-Rostand
    13006 Marseille 6ème

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1215
Fondation de l'Ordre dominicain
1225
Arrivée des Dominicains à Marseille
1300
Chapitre général de l'ordre
1524
Destruction des bâtiments extérieurs
1794
Dissolution de la communauté
1862
Réinstallation des Dominicains
1878
Consécration de l'église
1867-1899
Construction du couvent actuel
1906
Vente aux enchères du couvent
1921
Retour des Dominicains
1941-1942
Résistance et protection des Juifs
1995
Inscription aux monuments historiques
1999
Reconnaissance du père Perrin
2004
Achèvement du cloître
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Pierre Bossan - Architecte Concepteur du couvent et de l'église.
Guillaume Sudre - Évêque de Marseille (1361) Dominicain, recruteur au couvent.
Anne Rosine Noilly-Prat - Bienfaitrice Finança la construction du couvent.
Hyacinthe-Marie Cormier - Père provincial (1865) Dirigea la fondation du couvent.
Réginald de Parseval - Père dominicain Organisa la résistance pendant la guerre.
Joseph-Marie Perrin - Père dominicain Juste parmi les Nations, protégea les Juifs.
Simone Weil - Philosophe et résistante Engagée au couvent en 1941-1942.
Joannis Rey - Architecte, disciple de Bossan Poursuivit les travaux après 1867.

Origine et histoire

Le couvent Saint-Lazare, dit des Dominicains, est un édifice religieux construit à Marseille en 1868 par l'architecte Pierre Bossan, célèbre pour son style néo-classique inspiré des influences romano-byzantines. Il est indissociable de l'église Notre-Dame-du-Rosaire, érigée simultanément selon les mêmes plans. Situé au 35 rue Edmond-Rostand dans le 6e arrondissement, il marque la réinstallation des Dominicains à Marseille après leur expulsion en 1794. Ce projet, premier de la nouvelle Province de Toulouse fondée en 1865, fut financé par Anne Rosine Noilly-Prat et mené par le père Hyacinthe-Marie Cormier, provincial de l'ordre.

Les origines des Dominicains à Marseille remontent à 1225, quand ils s'établirent en périphérie de la ville, près de la route d'Italie, dans une maison destinée aux pèlerins appelée l'hôpital Saint-Michel des Ytiers. Leur couvent, proche de l'actuel lycée Thiers, connut un essor tel qu'il accueillit en 1300 le chapitre général de l'ordre. En 1361, l'évêque Guillaume Sudre, lui-même dominicain, y recruta des membres pour structurer l'Église marseillaise. Cependant, en 1524, les bâtiments extérieurs aux remparts furent détruits pour des raisons de sécurité, et la communauté fut dissoute en 1794 pendant la Révolution.

La reconstruction du couvent au XIXe siècle fut marquée par des difficultés, notamment les expulsions de 1880 et 1903, qui interrompirent son extension. Mis aux enchères en 1906, il fut racheté par les enfants de Mme Noilly-Prat. Les Dominicains ne purent y revenir qu'en 1921. L'ensemble, incluant l'église et le couvent, devint propriété privée de la Province dominicaine de Toulouse, malgré sa construction avant la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État. Les travaux se poursuivirent jusqu'en 2004 pour achever le cloître dans le style de Bossan.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le couvent joua un rôle crucial dans la protection des persécutés, notamment des Juifs évadés du camp des Milles. Sous la direction du père Réginald de Parseval, les Dominicains organisèrent leur accueil et leur dissimulation dans les sous-sols. Ils participèrent aussi à la résistance intellectuelle en diffusant des publications clandestines comme La Voix du Vatican et les Cahiers du Témoignage chrétien. Simone Weil, présentée au couvent en 1941 par le père Joseph-Marie Perrin, s'y engagea activement jusqu'en 1942.

Reconnu pour son engagement humanitaire, le père Perrin fut honoré en 1999 comme Juste parmi les Nations par Yad Vashem. Une plaque commémorative rappelle aujourd'hui le rôle du couvent dans la protection des réfugiés. L'église Notre-Dame-du-Rosaire et sa crypte furent inscrites aux monuments historiques en 1995. Bien que non achevé intégralement du vivant de Bossan, ce couvent reste le seul ensemble religieux conçu par lui encore en usage aujourd'hui.

L'architecture du couvent, initiée par Pierre Bossan et poursuivie par son disciple Joannis Rey, mêle des éléments néo-classiques et romano-byzantins. L'église, consacrée en 1878, fut agrandie en 1889, tandis que les ailes du couvent furent progressivement ajoutées, la dernière (l'aile Ouest) datant des années 1930. En 2010, l'aile Sud compléta enfin l'ensemble, offrant une cohérence stylistique remarquable. L'iconographie originale et l'histoire mouvementée du lieu en font un patrimoine marseillais emblématique.

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