Frise chronologique
1630
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1630 (≈ 1630)
Création par des religieuses de Notre-Dame de Bordeaux.
1633
Installation des religieuses
Installation des religieuses
1633 (≈ 1633)
Début de l'éducation des jeunes filles défavorisées.
1686
Agrandissement du couvent
Agrandissement du couvent
1686 (≈ 1686)
Construction de l’aile sud et embellissement de la chapelle.
1748
Reconstruction des bâtiments centraux
Reconstruction des bâtiments centraux
1748 (≈ 1748)
Modification partielle du cloître.
1790-1800
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1790-1800 (≈ 1795)
Abandon par les religieuses en raison des dégradations.
1865
Agrandissement par les ursulines
Agrandissement par les ursulines
1865 (≈ 1865)
Construction d’une aile près de la chapelle.
1914-1918
Refuge pour 2 500 réfugiés
Refuge pour 2 500 réfugiés
1914-1918 (≈ 1916)
Accueil d’Alsaciens et de Meusiens pendant la guerre.
1981
Classement monument historique
Classement monument historique
1981 (≈ 1981)
Inscription de la chapelle à l’inventaire.
années 1990
Restauration de la chapelle
Restauration de la chapelle
années 1990 (≈ 1990)
Réhabilitation du plafond et installation d’un retable.
début XXe siècle
Expulsion des ursulines
Expulsion des ursulines
début XXe siècle (≈ 2004)
Application des lois sur les congrégations religieuses.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle (cad. AN 167) : inscription par arrêté du 2 mars 1981
Personnages clés
| Religieuses de Notre-Dame de Bordeaux - Fondatrices du couvent |
Éduquaient des jeunes filles défavorisées dès 1633. |
| Madame de l’Hermuzière - Supérieure des ursulines |
Rénova le couvent au XIXe siècle pour l’éducation. |
| Prisonniers autrichiens et espagnols - Occupants pendant la Révolution |
Dégradèrent le couvent pour se chauffer. |
Origine et histoire
Le couvent Sainte-Marie d'Annonay, édifié au 2e quart du XVIIe siècle, fut fondé en 1630 par des religieuses de Notre-Dame de Bordeaux venues éduquer des jeunes filles défavorisées. Elles s’y installèrent en 1633, accompagnées d’une chapelle attenante. L’établissement connut une première extension en 1686 avec la construction de l’aile sud et l’embellissement de la chapelle. En 1748, les bâtiments centraux furent reconstruits, modifiant partiellement le cloître. La Révolution française marqua un tournant : le couvent, vendu comme bien national, fut abandonné par les religieuses en raison de son état de dégradation, aggravé par des prisonniers ayant utilisé ses boiseries pour se chauffer.
Au XIXe siècle, Madame de l’Hermuzière, supérieure d’une communauté d’ursulines, obtint un bail pour rénover le couvent et y éduquer quatre-vingt jeunes filles. En 1865, une nouvelle aile fut ajoutée près de la chapelle. Cependant, les lois anticléricales du début du XXe siècle entraînèrent l’expulsion des ursulines, malgré leur résistance pour protéger les religieuses âgées et malades. Le couvent devint alors un refuge pour 2 500 réfugiés alsaciens et meusiens pendant la Première Guerre mondiale, avant d’abriter un musée, une école publique et des logements municipaux.
La chapelle, désaffectée en 1904, fut transformée en salle de réunions puis en dépôt municipal. Classée monument historique en 1981, elle fut restaurée dans les années 1990 : son plafond et ses boiseries furent préservés, et un retable y fut installé. Aujourd’hui, elle sert de studio chorégraphique, de salle d’expositions et de concerts. Les logements conventuels, reconstruits entre la fin du XXe et le début du XXIe siècle, ne conservent que les murs extérieurs d’origine.
L’architecture du couvent, organisée autour d’un bâtiment central et de deux ailes à tours rondes, domine la vallée de la Deûme. Son cloître, autrefois ouvert sur des jardins conventuels (aujourd’hui disparus) et la ville, reflète une conception spatiale atypique. L’aile nord abrite toujours l’ancienne chapelle, remarquable par son plafond. Situé en plein centre historique d’Annonay, à la rue Sainte-Marie, l’édifice est désormais propriété de la ville.
Le couvent illustre les mutations sociales et religieuses de la région : d’abord lieu d’éducation et de vie monastique, il devint un symbole des tensions entre l’État et l’Église sous la IIIe République, avant de se réinventer en espace culturel et résidentiel. Son histoire reflète aussi les bouleversements liés aux guerres (Révolution, 1914-1918) et aux politiques patrimoniales modernes.