Frise chronologique
17 Brumaire an II (1793)
Démontage révolutionnaire
Démontage révolutionnaire
17 Brumaire an II (1793) (≈ 2)
Croix enlevée du cimetière.
1415
Mort de Jean de Beaufremont
Mort de Jean de Beaufremont
1415 (≈ 1415)
Tué à Azincourt, extinction de la branche aînée.
1485
Siège de Châtillon-sur-Saône
Siège de Châtillon-sur-Saône
1485 (≈ 1485)
Incendie par Claude d’Arberg-Valangin.
23 avril 1486
Convention de Soleure
Convention de Soleure
23 avril 1486 (≈ 1486)
Restitution de Beaufremont aux Arberg-Valangin.
1534
Date gravée sur la croix
Date gravée sur la croix
1534 (≈ 1534)
Victoire de René de Challant à Veray.
13 août 1906
Classement monument historique
Classement monument historique
13 août 1906 (≈ 1906)
Protection officielle par l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Croix de chemin, pierre, fin du XVe siècle : classement par arrêté du 13 août 1906
Personnages clés
| Jean de Beaufremont - Seigneur de Beaufremont |
Tué à Azincourt en 1415. |
| Jeanne de Beaufremont - Héritière et épouse de Guillaume d’Arberg |
Transmet Beaufremont aux Arberg-Valangin. |
| Claude d’Arberg-Valangin - Comte et sénéchal de Lorraine |
Incendiaire de Châtillon-sur-Saône en 1485. |
| René de Challant - Maréchal de Savoie |
Victoire de Veray en 1534, possible donateur. |
| F. Philibert - Sculpteur local (XIXe siècle) |
Auteur du croisillon actuel vers 1820-1830. |
Origine et histoire
La Croix de chemin de Gendreville, datée de 1534, est une ancienne croix de cimetière démontée en 1793 (17 Brumaire an II) pendant la Révolution, puis remontée sur la place du village après cette période troublée. Aujourd’hui dressée devant l’église, elle mesure 6,8 mètres avec son socle et arbore des sculptures complexes, dont seize statuettes en haut-relief sous des dais flamboyants, ainsi que des armoiries familiales. Son croisillon actuel, remplacé au XIXe siècle par le sculpteur local F. Philibert, diffère de l’original, probablement similaire à celui de la croix de Beaufremont.
Les armoiries sculptées sur la croix – celles des Challant (vallee d’Aoste), des comtes d’Arberg-Valangin (Suisse) et des Beaufremont (Lorraine) – révèlent son lien avec les seigneurs locaux. Ces blasons, surmontés d’un angelot tenant une couronne, symbolisent une possession unique plutôt qu’une alliance matrimoniale. La date de 1534, gravée en caractères gothiques, coïncide avec la victoire de René de Challant à Veray, maréchal de Savoie, suggérant un possible lien entre cet événement militaire et l’érection ou la modification du monument.
L’histoire de la croix s’inscrit dans les conflits féodaux lorrains, notamment le siège de Châtillon-sur-Saône en 1485 par Claude d’Arberg-Valangin, arrière-petit-fils de Jeanne de Beaufremont. Ce dernier, en réaction à la spoliation de ses droits par les ducs de Lorraine, incendia la ville avant de récupérer la seigneurie de Beaufremont par la convention de Soleure (1486). Les Challant, derniers détenteurs des titres, héritèrent des terres incluant Gendreville. La croix, commanditée ou modifiée sous René de Challant, célèbre peut-être cette restauration dynastique.
Classée monument historique dès 1906, la croix illustre l’art funéraire et héraldique de la Renaissance lorraine. Son iconographie – crânes sculptés sur le socle, statuettes sous dais flamboyants – mêle symboles macabres et prestige seigneurial. Le remplacement du croisillon au XIXe siècle, bien que modifiant son aspect originel, témoigne de son importance patrimoniale locale. Aujourd’hui propriété communale, elle reste un marqueur historique central de Gendreville, lié aux luttes nobiliaires et à la mémoire des Beaufremont-Challant.