L'aumônerie de Sainte-Catherine-de-Fierbois fut construite en 1415 sous l'impulsion de Jean le Meingre, dit Boucicaut, maréchal de France et seigneur local. Ce bâtiment, situé dans le bourg, était destiné à accueillir les pèlerins pauvres se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il comprenait une chapelle dédiée à saint Jacques, trois dortoirs (dont un réservé aux indigents), ainsi qu'une cour, un jardin et des terres. L'édifice fut fondé avec l'accord de Jehan de Craon, seigneur de Montbazon, comme en témoigne une charte datée du 10 août 1415, officialisant l'union perpétuelle des terres et bâtiments à cette œuvre de miséricorde.
L'aumônerie, conçue comme un lieu d'accueil et de charité, reflétait les valeurs chrétiennes médiévales d'hospitalité envers les voyageurs et les démunis. Le texte de 1415 souligne la dévotion de Boucicaut, qui souhaitait honorer Dieu en créant cet établissement dans sa barronie. Bien que l'intérieur ait été modifié au fil des siècles, le bâtiment conserve son statut de monument historique, inscrit depuis 1937. Une tradition locale évoque également un possible arrêt de Jeanne d'Arc dans ce lieu lors de son passage à Sainte-Catherine-de-Fierbois.
Architecturalement, l'aumônerie se compose d'un corps de bâtiment à rez-de-chaussée surmonté d'un haut comble, typique des constructions médiévales utilitaires. Sa localisation sur la route des pèlerins en faisait un point d'étape stratégique, illustrant le rôle des seigneurs locaux dans l'organisation des réseaux de charité et de soutien aux voyageurs. Aujourd'hui propriété de la commune, le site reste un témoignage de l'histoire religieuse et sociale de la Touraine au début du XVe siècle.
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